araki

Paris le 31 mars 2016.

Chère Ofelia,

Hier, j’ai eu l’opportunité de visiter le Musée Guimet. On m’a offert très aimablement cette documentation à propos de l’exposition Araki , que je t’envoie avec cette lettre. Je te prie de la faire circuler là-bas à La Havane, parmi nos amis qui connaissent la langue de Molière.

Figure incontournable de la photographie contemporaine japonaise, Nobuyoshi Araki est connu mondialement pour ses photographies de femmes ligotées selon les règles ancestrales du Kinbaku – l’art du bondage japonais – pratique qui puise ses origines au XVe siècle. Cette exposition retrace cinquante années de son travail en plus de 400 photographies et compte parmi les plus importantes consacrées à Araki en France.

Un choix très important sera extrait des milliers de photographies que l’artiste a réalisées de 1965 à 2016, depuis l’une de ses séries les plus anciennes intitulée Théâtre de l’amouren 1965 jusqu’à des œuvres inédites, dont sa dernière création de 2015 réalisée spécifiquement pour le musée sous le titre Tokyo-Tombeau.

Après une première découverte de la presque totalité des livres conçus par Araki suivie d’une introduction aux grandes thématiques de son œuvre – les fleurs, la photographie comme récit autobiographique, sa relation avec son épouse Yoko, l’érotisme, le désir, mais aussi l’évocation de la mort – l’exposition évoquera son studio, laboratoire d’idées.

Véritable journal intime d’un grand plasticien de la photographie pour qui « photographier est avant tout une façon d’exister », l’exposition se déploiera selon un parcours thématique, depuis les séries consacrées aux fleurs, la scène de Tokyo, ou encore le Voyage sentimental, illustration de son voyage de noce en 1971, suivie du Voyage en hiveren 1990, année du décès de son épouse.

À mi-parcours de l’exposition, le visiteur s’introduit dans l’atelier d’Araki et découvre la démesure de sa production photographique, mise en regard d’œuvres issues des collections du MNAAG : estampes, photographies et livres anciens, illustrant les liens que l’artiste a entretenus avec la permanence d’une inspiration japonaise. Empreint de poésie et de recherche plastique, l’œuvre d’Araki repose également sur une expérimentation incessante. Ainsi les codes et stéréotypes du médium sont revisités par l’artiste qui intervient sur ses propres négatifs ou recouvre parfois ses images de calligraphies ou de peinture, dans un geste audacieux, souvent teinté d’humour.

Conçue à partir d’œuvres provenant de collections privées et publiques (Tokyo, New York, Paris…), complétée des archives de l’artiste, cette exposition donnera à voir et à comprendre l’enracinement de l’art d’Araki dans la culture traditionnelle japonaise.

Araki. 13 avril – 5 septembre 2016. MNAAG. 6, place d’Iéna, 75116 Paris. Présidente du MNAAG : Sophie Makariou. Commissariat : Jérôme Neutres & Jérôme Ghesquière. Catalogue sous la direction de Jérôme Neutres. Coédition Gallimard/ MNAAG. Relations avec la presse : Opus 64 / Valérie Samuel, Patricia Gangloff & Sophie Lawani. Communication MNAAG : Hélène Lefèvre & Sophie Maire.

Je t’embrasse depuis notre chère et cultivée France,

Félix José Hernández.

Deja un comentario