Paris le 10 août 2016.

Art et Liberté : Rupture, Guerre et Surréalisme en Égypte (1938 – 1948) est la première exposition consacrée au groupe Art et Liberté (jama’at al-fann wa al-hurriyyah), qui a rassemblé autour de Georges Henein une constellation d’artistes et écrivains résidant au Caire dans les années 1930 et 1940.

Fondé le 22 décembre 1938 à l’occasion de la publication du manifeste Vive l’art dégénéré, le groupe Art et Liberté a fourni à une jeune génération d’artistes, d’intellectuels et d’activistes une plate-forme hétérogène propice à de nombreuses réformes culturelles et politiques. Les membres du groupe ont joué un rôle actif au sein d’un réseau international dynamique d’intellectuels et d’artistes liés à la mouvance surréaliste. À l’aube de la Seconde Guerre mondiale et dans une Égypte sous domination coloniale britannique, le groupe Art et Liberté s’est inscrit dans un projet culturel et politique international en défiant le fascisme, le nationalisme et le colonialisme. Questionnant le surréalisme, il a tenté de construire un langage littéraire et pictural contemporain engagé au niveau mondial autant qu’enraciné dans les préoccupations artistiques et politiques locales.

Sur invitation de Catherine David, directrice adjointe du musée national d’art moderne en charge de la recherche et de la mondialisation, les commissaires indépendants Sam Bardaouil et Till Fellrath / Art Reoriented, ont rassemblé les résultats de cinq années de recherches approfondies et de centaines d’entretiens menés sur le terrain en Égypte et dans de nombreux autres pays. Ils ont sélectionné près de 130 tableaux, œuvres sur papier et photographies datant de la fin des années 1920 au début des années 1950, ainsi qu’un grand nombre de documents d’archives (photographies historiques, séquences de films et premiers manuscrits jamais exposés auparavant). Ces œuvres d’art pour beaucoup inédites, ont été patiemment empruntées à plus d’une cinquantaine de collections publiques et privées en provenance d’Égypte et de onze autres pays.

En réunissant pour la première fois ces œuvres et ce corpus essentiels à la compréhension du paradigme surréaliste dans toute sa complexité, cette exposition historique offre une vision globale du groupe Art et Liberté, dont l’une des figures de proue demeure l’écrivain, poète et journaliste égyptien Georges Henein (1914-1973).

Cette manifestation s’inscrit dans le cadre de différents projets que le Centre Pompidou a souhaité organiser en parallèle à la célébration de la mort d’André Breton (1896-1966).

A la suite du Centre Pompidou à Paris, l’exposition sera présentée au Centro de Arte Reina Sofia de Madrid, à la Kunstsammlung K21 de Düsseldorf ainsi qu’à Tate Liverpool entre 2017 et 2018.

Parallèlement à l’exposition, un colloque international intitulé Art et Liberté (1938-1948) et modernité en Égypte : au-delà du discours postcolonial se tiendra le 25 novembre 2016 au Centre Pompidou en collaboration avec l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) et un catalogue abondamment illustré de 240 pages, sera publié par les éditions SKIRA, en coédition avec les éditions du Centre Pompidou. Quatre autres versions seront éditées en anglais, allemand, espagnol et arabe. L’ouvrage constituera la première publication de références visuelles de ce moment du surréalisme en Égypte.

Art et Liberté : Rupture, Guerre et Surréalisme en Égypte (1938 – 1948) 19 octobre 2016 – 16 janvier 2017.  Galerie du Musée et Galerie D’Art Graphique Musée, Niveau 4.Directeur :  Benoît Parayre. Attachée de presse : Anne-Marie Pereira.

Publié par Félix José Hernández.

 

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