Bakst, des Ballets russes à la haute couture

Dessin de costume pour une bacchante dans Narcisse : couverture du « Programme officiel des Ballets russes », Théâtre du Châtelet, juin 1911. BnF, département de la Musique, Bibliothèque-musée de l’Opéra

Paris le 18 novembre 2016.

A l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de Léon Bakst, la Bibliothèque nationale de France et l’Opéra national de Paris présentent la première exposition monographique française consacrée au peintre, décorateur et costumier russe. Au travers de cent trente pièces provenant de collections publiques et privées, l’exposition retrace l’itinéraire artistique du « magicien des couleurs » que célébrait Gabriele D’Annunzio, son travail pour la scène, les arts décoratifs et la mode, qui a influencé les créateurs tout au long du XXe siècle.

Né en 1866 dans l’Empire russe, formé à Saint-Pétersbourg puis à Paris auprès des peintres Albert Edelfelt et Jean-Léon Gérôme, Léon Bakst fait partie du groupe d’avant-garde Mir Iskusstva (Le Monde de l’art) qui réunit notamment Serge Diaghilev, le futur imprésario  des Ballets russes, et le peintre Alexandre Benois. Parallèlement à sa carrière de peintre et  d’illustrateur, Bakst travaille pour le théâtre dès le début du XXe siècle et plus particulièrement pour le ballet. Dès les premières saisons des Ballets russes à Paris, il s’impose comme un rénovateur éclatant de la scène, avec, entre autres, les triomphes de Cléopâtre (1909),  Shéhérazade (1910), Le Spectre de la rose (1911) ou Daphnis et Chloé (1912). Sa collaboration  avec le danseur et chorégraphe Vaslav Nijinski culmine avec la création et le scandale de  L’Après-midi d’un faune (1913).

Devenu une figure en vue du Tout-Paris, il fréquente et travaille avec Jean Cocteau, Gabriele D’Annunzio ou Émile Verhaeren, suscite l’engouement de Paul Morand ou Vladimir Nabokov et reçoit des commandes de la Marquise Casati et des Rothschild. Théoricien de son art, parfois librettiste des ballets qu’il scénographie, il dialogue également avec les créateurs de mode comme Jeanne Paquin, pour qui il crée une collection.

Sa carrière connaît une nouvelle orientation à partir des années 1920 quand il travaille pour le directeur de l’Opéra de Paris, Jacques Rouché, comme conseiller de la danse et créateur de ballets.

Trait d’union entre le classicisme de ses maîtres et le modernisme de ses amis Picasso et Matisse, Bakst laisse une œuvre qui ne cesse d’inspirer les créateurs contemporains, de Vivienne Westwood à Walt Disney.

Tableaux, dessins, photographies, costumes, manuscrits, maquettes de décor… À travers cent trente pièces, dont certaines rares ou inédites, l’exposition propose de découvrir la profusion des créations de l’artiste et son génie de coloriste auquel ont rendu hommage Christian Lacroix, Karl Lagerfeld pour Chloé, John Galliano pour Dior et surtout, à plusieurs reprises, Yves Saint Laurent. Elle est enfin une invitation à voyager dans l’univers féerique de Bakst, avec ses sultanes et ses almées des Mille et une nuits, ses bacchantes antiques et ses pages du Grand Siècle.

Exposition Bakst, des Ballets russes à la haute couture. 22 novembre 2016-5 mars 2017. Bibliothèque-musée de l’Opéra. Commissariat : Mathias Auclair, directeur du département de la Musique, BnF ; Sarah Barbedette, directrice de la dramaturgie, de l’édition et de la communication,  Opéra national de Paris ;  Stéphane Barsacq, écrivain.

Catalogue : Bakst, des Ballets russes à la haute couture. Sous la direction de Mathias Auclair, Sarah Barbedette et Stéphane Barsacq. Coédition BnF Éditions / Opéra national de Paris/ Albin Michel / AROP. 22 × 27 cm, relié, 192 pages, 100 images, 39 €.

Contacts presse : Bibliothèque nationale de France, Claudine Hermabessière, chef du service de presse et des partenariats médias ; Camille Durand, chargée de communication presse ; Opéra national de Paris ; Emmanuelle Rodet-Alindret, chef du service Presse/Relations médias ; Evelyne Paris /  Stéphanie Rodier.

Publié par Félix José Hernández.