Barbie au Musée des arts décoratifs

barbie

Paris le 20 février 2016.

Puisant également dans les archives inédites de la maison Mattel ®, mettant en valeur un patrimoine historique encore méconnu, l’exposition s’efforce d’offrir deux lectures possibles, pour les enfants en évoquant la pure jubilation d’un jouet universellement connu, pour les adultes en replaçant cette figure phare depuis 1959 dans une perspective historique et sociologique.

Au-delà d’être un jouet, Barbie est le reflet d’une culture et de son évolution. On l’a d’abord associée à l’American way of life avant d’incarner une dimension plus universelle, épousant les changements sociaux politiques, culturels. Elle évolue dans le confort moderne tout en épousant de nouvelles causes, questionnant les stéréotypes, haïe pour ce qu’elle représenterait d’une femme idéalisée, et pourtant autonome et indépendante, adoptant toutes ambitions de l’époque contemporaine.

Dès son lancement en 1959, Barbie et sa longue silhouette galbée sont une révolution dans un monde de poupons et autres baigneurs. C’est en regardant sa fille Barbara jouer avec des poupées de papier, lointaines descendantes des gravures de mode de la fin du XVIIIème siècle et des premières poupées en papier pour adultes du XIXème siècle, que Ruth Handler, l’une des fondatrices de Mattel, se met à rêver d’une poupée de mode en trois dimensions, d’une poupée mannequin.

Dans leurs jeux, Barbara et ses amies ne sont pas du tout intéressées par les poupées représentant des enfants mais uniquement par celles représentant des femmes. Elles s’imaginent plus dans leur vie future de jeunes femmes, que dans celle de mères ou de femmes au foyer.

La détermination de Ruth a fini par convaincre les équipes de Mattel, alors exclusivement composées d’hommes, de fabriquer une telle poupée. inspirée de la poupée publicitaire allemande Lilli, Barbie est lancée, accompagnée d’une mythologie: originaire du Wisconsin, Barbara Millicient Roberts a une famille et des amis clairement identifiés. Son âge reste volontairement flou afin de pouvoir incarner aussi bien une adolescente qu’une jeune femme. Elle est tout à la fois lycéenne, étudiante, nurse ou jeune hôtesse de l’air avant d’embrasser plus de 150 métiers, des plus classiques aux plus avant-gardistes. Barbiea été vétérinaire à plusieurs reprises, mais aussi paléontologue, et informaticienne, pilote de course, professeur, médecin, danseuse étoile, officier de police… et on l’oublie peut-être mais Barbie a été candidate à la présidence quatre fois, comme elle a été astronaute en 1965 alors que Neil Armstrong a attendu 1969. A ses côtés, son petit ami Ken, apparu en 1961, est tout aussi célèbre.

Ses silhouettes, ses coiffures, ses costumes, sont le fruit de quelques secrets de fabrication dont certains sont révélés pour l’occasion à travers maquettes ou témoignages de ceux qui font le succès de Barbie. Un succès qui tient à la capacité de la poupée à suivre l’évolution de son époque pour se renouveler tout en restant la même. Un succès qui imprègne la culture populaire depuis sa création jusqu’à nos jours, mais qui inspire aussi les artistes. Certains, comme Andy Warhol, en ont fait le portrait quand d’autres l’ont largement détourné.

Nombreux sont les créateurs qui ont croisé son chemin de passionnée de mode, pour laquelle chacun a déjà imaginé les tenues les plus extravagantes ou les plus élégantes. Quelques-unes de ses robes de collections sont ainsi signées par des couturiers, parmi lesquels Thierry Mugler, Christian Lacroix, Jean Paul Gaultier, Agnès B, Cacharel ou encore Christian Louboutin. Sa garde-robe déployée pour l’occasion sur plusieurs mètres de cimaises n’est autre que le reflet de la mode dont le musée sortira en contrepoint quelques-unes des pièces les plus parlantes.

Concours «Habille Barbie» : L’exposition est l’occasion pour le musée des Arts décoratifs et Mattel de lancer un concours proposé à tous les élèves majeurs de lycées, écoles d’art, écoles d’arts appliqués, universités. àeux d’imaginer une tenue pour Barbie.

« Barbie ». Du 10 mars au 18 septembre 2016. MUSÉES DES ARTS DÉCORATIFS.107, rue de Rivoli – 75001 Paris. Commissaire : Anne MONIER, conservatrice du département des jouets – musée des Arts décoratifs.Scénographie : Nathalie CRiNièRE, scénographe. Presse : Marie-Laure Moreau, Isabelle Mendoza, Laura Guilmont et Monique Mehrez.

Les Arts Décoratifs : Pierre-Alexis DUMAS, Président ; David CAMÉO, Directeur général; Olivier GABET, Directeur des musées ; Pascale de SEZE, Directrice de la communication.

Catalogue « Barbie ».Textes : Anne MONIER, Denis BRUNA, Michel PASTOUREAU, Frédéric BEIGBEDER, Aurore BAYLE-LOUDET. Edition Les Arts Décoratifs.

Publié par Félix José Hernández.

Hispanista revivido.