Carl Andre, Uncarved Blocks, 1975 (détail), Vue de l’exposition Carl Andre, Sculpture as place, 1958-2010, au Hamburger Bahnhof –Museum für Gegenwart, Berlin © ADAGP, Paris, 2016
Carl Andre, Uncarved Blocks, 1975 (détail), Vue de l’exposition Carl Andre, Sculpture as place, 1958-2010, au Hamburger Bahnhof –Museum für Gegenwart, Berlin © ADAGP, Paris, 2016.

Paris le 3 août 2016.

Le Musée d’Art moderne rend hommage à Carl Andre (né en 1935 à Quincy, Massachusetts), artiste américain majeur du XXème siècle. L’exposition Carl Andre– Sculpture as place, 1958-2010, couvre tout le spectre de son œuvre et en révèle la cohérence, en présentant une quarantaine de sculptures monumentales, de nombreux poèmes, des photographies, des œuvres sur papier et des objets inclassables. Les pièces iconiques côtoient des éléments jamais réunis, comme ses Dada Forgeries. Acteur principal du minimalisme (avec Donald Judd et Robert Morris), Carl Andre est aussi associé à l’art conceptuel et au Land art et apparait aujourd’hui comme l’un des plus grands sculpteurs du XXème siècle.

Cette rétrospective révèle comment à partir d’éléments standards, de matériaux industriels bruts, l’artiste redéfinit la sculpture comme un lieu d’expérience de l’espace, de la forme et de la matière. Carl Andre a également composé nombre de poèmes en employant les mots pour leur valeur aussi bien sémantique et sonore que visuelle. L’apparente simplicité des œuvres remet en jeu les notions traditionnelles de technique, de composition, d’installation où le visiteur est partie prenante de l’œuvre.

Arrivé à New York en 1957, Carl Andre s’essaie à la poésie et réalise ses premières sculptures de petit format. Il s’intéresse rapidement aux propriétés de la matière : forme, poids, surface. Dès 1965, il emploie des éléments industriels qu’il assemble lui-même: bois, métaux, briques, bottes de foin, en relation avec les lieux où il expose. L’artiste n’a de cesse depuis de réagir aux espaces proposés par les galeries, musées, villes. Il travaille avec les éléments qu’il trouve sur place, assemble ce qu’il peut manipuler seul, réalise des ensembles à la fois très présents et en même temps si intégrés aux espaces qu’ils semblent avoir toujours été là.

Avec Carl Andre, l’œuvre d’art change de statut : elle n’est plus un élément symbolique ou figuratif, mais un objet réel qui fait partie du monde, au même titre qu’un arbre ou un mur. Au cours des années soixante, l’artiste a évolué dans sa conception de la sculpture, d’abord comme forme, puis structure et finalement comme un lieu («sculpture as place »). « J’ai des désirs; je n’ai pas d’idées. C’est pour moi un désir physique de trouver le matériel et un lieu où travailler» (entretien de l’artiste avec Marta Gynp, 2015).

Cette première exposition consacrée à Carl Andre en France depuis vingt ans (la dernière ayant eu lieu au musée Cantini à Marseille en 1997), correspond à la politique du Musée d’Art moderne de relecture des grands artistes fondateurs de la modernité.

Conçue par la Dia Art Foundation en étroite collaboration avec l’artiste, cette rétrospective a été présentée à New York (2014), Madrid (2015), Berlin (2016), puis le sera à Los Angeles (2017).

L’exposition itinérante internationale de Carl Andre : Sculpture as Place, 1958-2010 à été rendue possible grâce au soutien de Henry Luce Foundation et de Terra Foundation for American Art, ainsi que par celui de Fundación Almine y Bernard Ruiz-Picasso para el Arte, The Brown Foundation, Inc. de Houston, National Endowment for the Arts et Sotheby’s.

Cette manifestation est organisée dans le cadre du Tandem Paris-New York 2016, mis en œuvre par la Ville de Paris et l’Institut français, en partenariat avec les services culturels de l’Ambassade de France aux États-Unis d’Amérique et l’Ambassade de États-Unis d’Amérique en France, avec le soutien de la Ville de New York.

Carl Andre Sculpture as place, 1958-2010. La sculpture comme lieu, 1958-201018 octobre 2016 -12 février 2017. Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. 11 Avenue du Président Wilson. 75116 Paris. Directeur : Fabrice Hergott. Commissaires de l’exposition : Sébastien Gokalp, Yasmil Raymond et Philippe Vergne. Responsable des Relations Presse : Maud Ohana.

Publié par Félix José Hernández.

 

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