Chamanes et divinités de L’Équateur Précolombien au Musée du quai Branly

Photo: Caïman mythique avec quatre yeux. Culture La Tolita (- 400 av. J.C. – 400 ap. J.C)
© Musée du quai Branly, Christophe Hirtz – Equateur. Paris le 24 février 2016.

Paris le 24 février 2016.

Inédite en Europe de par son ampleur, cette exposition propose une immersion dans le monde des esprits de l’Equateur précolombien à travers l’une de ses figures majeures : le chamane. Issus des collections de plusieurs musées du Ministère de la Culture et du Patrimoine d’Equateur, et pour la plupart exposés pour la première fois en France, 265 chefs-d’œuvre permettent de découvrir les habitudes, valeurs et savoirs du chamanisme qui font aujourd’hui partie d’un legs millénaire, transmis aux peuples de l’actuel Équateur.

Les œuvres proviennent majoritairement des quatre cultures de la côte équatorienne : Chorrera, Bahia, Jama-Coaque et Tolita, mais également de la culture Mayo Chinchipe-Marañón de haute Amazonie. C’est sur les sites de cette dernière, vieille de 5000 ans, qu’ont été récemment découvertes les traces les plus anciennes attestant du chamanisme.

Cette exposition met ainsi en lumière les récentes recherches et fouilles archéologiques menées par des archéologues et anthropologues équatoriens, dont Santiago Ontaneda-Luciano, commissaire de l’exposition et Francisco Valdez, conseiller scientifique.

Passeur de tradition, le chamane présidait rites, cérémonies ou fêtes, assurant ainsi l’ordre spirituel et social d’une communauté. Personne aux pouvoirs surnaturels, exerçant parfois des fonctions politiques, le chamane consolidait l’ordre à travers une multitude de rites et de cérémonies ponctuant le calendrier annuel.

Le chamanisme reste ainsi indissociable de l’histoire des civilisations de l’Équateur préhispanique. Reflet de la pensée et de la philosophie des peuples ancestraux, ce système de croyances a présidé à la construction de leur monde social, économique et politique.

Rituels de guérison, de fertilité ou d’initiation, tous avaient pour but de rétablir la connexion entre les différents niveaux de l’espace cosmique : le monde extérieur ou céleste (les astres), le monde intérieur ou inframonde (peuplé d’ancêtres défunts et d’esprits) et, au milieu, la Terre-mère ou Pachamama, le monde terrestre des êtres humains et des animaux. Une mission de médiateur social en somme, qui est attribuée au chamane dès l’enfance, entre le commun du peuple et les divinités, puissants animaux ou êtres mythiques.

Après avoir percé les secrets des représentations du monde des peuples ancestraux de l’Equateur, l’exposition dresse un portrait de la figure emblématique du chamane, détenteur d’un savoir sacré. Le culte chamanique prend forme à travers une multitude de cérémonies rituelles, au cours desquelles le chamane exerce ses pouvoirs surnaturels.

Chamanes et divinités de L’Équateur Précolombien. Musée du quai Branly.
16/02 – 15/05/2016. Mezzanine Est. Commissaire : Santiago Ontaneda-Luciano, chercheur à la direction des Musées et sites archéologiques du Sous-secrétariat de Mémoire sociale du Ministère de la Culture et du Patrimoine équatorien.
Conseiller scientifique : Francisco Valdez, chercheur au PALOC (Patrimoines Locaux et Gouvernance), unité mixte de recherche de l’IRD et du Muséum National d’Histoire Naturelle. L’exposition est présentée en partenariat avec le Ministère de la Culture et du Patrimoine de l’Equateur.

Félix José Hernández.

Hispanista revivido.