Paris le 15 septembre 2017.

C’est un très bon roman, réjouissant, riche en rebondissements.
Un polar drôle et plein d’action dans la veine de Pulp Fiction.
Un nouveau roman de la collection neo noir consacrée aux nouvelles voix du roman noir américain.

« Toutes ces pensées tourbillonnent dans la jolie petite tête de Leslie tandis qu’elle va et vient appuyée sur ses coudes.
Couchée sur un bureau.
Dans l’obscurité.
En plein ébat avec l’un des glands susmentionnés.
Encore que Remo ne soit pas vraiment un gland. À vrai dire, elle ne sait quasiment rien de lui – ce qui n’est sans doute pas plus mal. Ce qu’elle sait en revanche, c’est qu’il parle pendant l’acte.
Beaucoup.
Il ne l’a pratiquement pas fermée depuis qu’ils ont commencé. Dans un débit rythmé par les coups de reins, Remo raconte une histoire.
— Un mardi comme un autre, une bande de violents fils de putes décident de braquer une banque.
Remo brosse le tableau d’un jour de semaine en apparence normal dans la grande ville. Chaque matin, des files de New-Yorkais entrent dans une banque du centre dès l’ouverture. Le bon peuple s’y rend avant d’aller travailler, pour retirer un peu d’argent, en déposer, râler contre des frais. Ils sont de tous horizons. Hommes, femmes, enfants. Riches, classes moyennes, ric-rac de la fin de mois. Un brassage culturel et financier. Aucun d’eux ne soupçonne ce qui se prépare.
De l’autre côté de la rue est garée une camionnette.
À l’intérieur, six hommes attendent. Habillés de mauvaises intentions. Armés. Prêts.
Trois d’entre eux sont les frères Mashburn. Ils sont assis d’un côté. Il y a Dutch, l’aîné, doté à la fois de l’expérience et d’une foutue méchanceté. Le deuxième frère, Ferris, est un esprit vif – froid et tranchant comme une lame de glace. Le plus jeune, un cinglé sec et nerveux, porte le nom de Chicken Wing.
Les trois autres sont des complices rémunérés ou des acolytes de la fratrie. Deux sont assis contre l’autre bord de la sinistre camionnette sans fenêtre. Jeunes délinquants standard. Un voyou stylé, du nom de Bobby Balls, et une saloperie de petite tête brûlée qu’on appelle Country.
Leurs véritables noms échappent à Remo sur le moment. Le dernier membre de la bande est le chauffeur : Lester, criminel endurci en fin de carrière qui n’a jamais gravi les échelons. Il semble mal à l’aise.
Indécis.
Embarrassé.
Dutch, incontestablement le meneur, hoche la tête. C’est le signal. Dutch est rodé au métier, il a établi des règles simples pour les braquages.
Règle numéro 1 : il ne voit pas l’utilité de faire dans le créatif en s’affublant de masques de présidents morts, ou le genre de conneries qu’on voit dans les films. Soyez banals, ne donnez rien d’original aux flics, rien qu’ils pourraient se mettre sous la dent. Hmm… ce genre de masques, ça court pas les rues. Où peut-on en acheter ? Bon. Vérifiez toutes les boutiques susceptibles d’en vendre, récupérez leurs vidéos de sécurité et recoupez-les avec les tickets de caisse pour les jours où ces masques ont été vendus. N’importe quel couillon qui aurait maté cinq minutes d’un épisode de New York, police judiciaire parmi la dizaine diffusés hier soir penserait à ça. Couvrez-vous la gueule avec un truc ordinaire.
L’équipe enfile des cagoules de ski noires classiques.
Règle numéro 2 : n’utilisez pas d’armes semi-automatiques quand vous faites une banque. Ni aucune autre qui crache des indices comme un distributeur Pez. Toutes ces douilles qui rebondissent sur le sol, ça claque sur grand écran. Les Glock qui dézinguent à tout va, les bastos qui volent au ralenti. Mais dans la vraie vie – le monde de Dutch –, ça crée juste des indices supplémentaires que les flics peuvent ranger dans un sachet et faire parler.
Les .357 ne laissent pas de douilles.
Vous me direz : “Et s’il faut davantage de balles ? On doit recharger à l’ancienne, façon Far West ?” S’il vous faut plus de cinq gars avec sept cartouches par tête pour braquer une banque, vous méritez pas votre part du butin, allez sucer des bites. Maintenant, si les flics rappliquent, c’est autre chose.
C’est à ça que servent les Kalach dans leur dos.
Règle numéro 3 : en cas d’urgence, servez-vous des Kalach.
L’équipe prépare les armes. Rien que des Magnum .357 finition en nickel à crosse en caoutchouc. Kalach accrochées dans le dos.
Ah, oui, et règle numéro 4 : les témoins sont logés à la même enseigne que les douilles. Les flics ne doivent pas pouvoir les faire parler… »

Remo Cobb est l’avocat de ceux qui ont commis le casse du siècle : 3,2 millions disparus en 2 minutes 11 secondes. Et seize morts. Sans trop de scrupules, Remo décide de perdre son procès pour envoyer ses clients derrière les barreaux et garder le magot. Il comptait bien sur les talents de la partie adverse pour que les types restent en taule, mais les voilà lâchés en pleine nature quelques années plus tard avec une seule envie : se venger et récupérer leur fric. Remo sait qu’il va mourir. Sauf si…

Roman d’action déjanté, Cobb tourne mal mélange violence décomplexée et humour noir.

« Phrases courtes et sèches qui crachent comme des fusils a pompe, délirantes scènes de fusillades découpées comme les séquences d’anthologie des meilleurs films de Johnnie To, rythme hystérique, sans le moindre répit et humour noir de la première à la dernière ligne, Cobb tourne mal tient toutes les promesses d’un pulp brutal, en hypertension, délicieusement défoulant, dont on ne regrette que la taille – 200 petites pages. » Philippe Blanchet, Le Figaro Magazine

« On jurerait que c’est le fils de Tarantino qui a écrit ce polar. […] C’est drôle et affreux : Mike McCrary aime les personnages peu recommandables. Nous aussi. » François Forestier, L’OBS

« La prose de McCrary explose à chaque page ! » Kirkus Review

« Une lecture désopilante qui combine action, personnages secondaires au-dessus du lot et un scénario riche en rebondissements. » Goods Reads

« Un chef-d’œuvre du pulp ! » Peter Farris

Les libraires en parlent à propos du livre :

« Le pulp explosif de votre été ! Tranchant comme un rasoir, ce polar outrancier et bourré d’humour noir ne vous laissera pas indemne ! » L’Oiseau moqueur-Sucy en Brie

« Un roman mi-western, mi-thriller totalement loufoque qu’on peut déjà imaginer au cinéma sous les traits d’un bon, très bon Tarantino ! » Les deux muses-Coulommiers

Europe1 : http://www.europe1.fr/emissions/le-livre-du-jour/cobb-tourne-mal-de-mike-mccrary-3348785

Mike McCrary a été serveur et plongeur dans un restaurant, trader puis stagiaire non rémunéré à Hollywood. Il a quitté le monde des affaires, puis y été réembauché, puis viré, puis promu, puis viré à nouveau. Il vit actuellement à Austin, au Texas, où il écrit de drôles d’histoires sur de drôles de gens qui se posent de drôles de questions.

Cobb tourne mal. Mike McCrary. Titre original : Remo Went Rogue. Traduit de l’américain par Christophe Cuq. © Éditions Gallmeister, 2017, pour la traduction française. Photo de couverture © Plainpicture/Lohfink. Photo de l’auteur © Mike McCrary. Conception de la couverture : Valérie Renaud. -ISBN 978-2-404-00676-5

Publié par Félix José Hernández.

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