Des petits dieux de misère au Musée de la Chasse et de la Nature

Une salle du Musée de la Chasse et de la Nature

Paris le 20 août 2016.

Chère Ofelia,

Hier, j’ai eu l’opportunité de visiter la très belle exposition Des petits dieux de misère. Mylinh Nguyen au Musée de la Chasse et de la Nature de Paris. On m’a offert très aimablement cette documentation que je t’envoie avec cette lettre.

Je te prie de la faire circuler là-bas à La Havane, parmi nos amis qui connaissent la langue de Molière.

Inauguré par André Malraux dans l’hôtel de Guénégaud (Monument historique du XVIIe siècle de François Mansart), le 21 février 1967, le musée de la Chasse et de la Nature a été étendu en 2007 à l’hôtel voisin, l’hôtel de Mongelas (XVIIIe siècle). À la faveur de cette rénovation et de cette extension, le musée « expose » le rapport de l’homme à l’animal à travers les âges (de l’Antiquité à nos jours) et s’appuie sur les exceptionnelles collections d’art ancien, moderne et contemporain réunies par les fondateurs et sans cesse augmentées depuis près d’un demi-siècle. Musée privé, il bénéficie du label « Musée de France » octroyé le ministère de la Culture et de la Communication.

Réunion d’œuvres d’art (peintures, dessins, sculptures, tapis, tapisseries, orfèvrerie, céramiques, armes, trophées, armures, meubles, objets d’art, installations, photographies, vidéos…) les collections permanentes sont présentées dans une muséographie originale associant les œuvres à des animaux naturalisés et à des éléments d’interprétation. Conçu comme un belvédère ouvrant sur l’espace sauvage, le musée permet d’appréhender – en plein Paris – l’animal dans son environnement. Cette proposition est fidèle à l’esprit qu’ont souhaité les fondateurs, celui d’une « maison d’amateur d’art ».

Renouvelées trois à quatre fois par an, accessibles à tous les publics sans augmentation du droit d’entrée, les expositions temporaires donnent un éclairage particulier et complémentaire sur les collections permanentes. Si elles contribuent à enrichir la perception du rapport homme-animal, en faisant appel au concours d’artistes de notre temps (sollicités individuellement ou de façon collective) certaines d’entre elles permettent ainsi des mises en perspective à la fois historiques et artistiques. À la faveur des expositions, une proposition culturelle spécifique est faite aux publics (individuels, groupes, familles, scolaires).

Née du souhait de fidéliser et de croiser les publics, la programmation culturelle du musée est protéiforme : visites, ateliers, conférences, cycle des nocturnes du mercredi soir, colloques. À cette riche proposition s’adjoint celle de l’association des Amis du musée de la Chasse et de la Nature. Inscrit dans les réseaux nationaux et européens des institutions culturelles publiques et privées, le musée de la Chasse et de la Nature mène en outre une active politique de partenariats scientifiques, à travers des commissariats d’exposition, des prêts d’œuvres, des publications et des colloques.

Expo : Des petits dieux de misère. Mylinh Nguyen. Du 30 mai au 4 septembre 2016.

Le musée de la Chasse et de la Nature initie un important partenariat avec la Villa Kujoyama à l’occasion des D’Days 2016. Il invite Mylinh Nguyen à investir la salle d’Armes et à faire dialoguer ses chefs-d’œuvre de savoir-faire et de précision mécanique avec les réalisations ingénieuses et raffinées des anciens arquebusiers.

Les petits dieux de misère ont pris forme à Kyoto, en 2015, lors de la résidence de l’artiste à la Villa Kujoyama. Ils s’inscrivent dans la continuité du travail de la créatrice autour des paradoxes et des contrastes : la grâce et le malaise, l’univers de la mécanique et celui du vivant… Les petits dieux de misère de Mylinh Nguyen se font aussi entendre : conçus en collaboration avec le designer sonore Pablo Salaün, à partir d’entretiens et de sons concrets – fragments de voix, interjections, extraits de phrases, musique – ils chuchotent un récit mystérieux aux visiteurs.

Cette invitation faite à Mylinh Nguyen est aussi l’occasion de découvrir la série des Méduses, pensée comme un jeu : en mettant à l’épreuve le métier de tourneur-fraiseur, jusqu’où peut-on aller pour surprendre et faire oublier le labeur ? Il s’agit là, à l’instar de la mise en œuvre du canon des fusils de chasse ou de leurs platines ouvragées, d’une performance technique. À partir d’un métier fascinant mais aussi bruyant et contraignant, appartenant au domaine de la mécanique et de l’industrie lourde, fait d’inlassables répétitions de gestes, Mylinh Nguyen exhume le monde de silence et de grâce qu’habitent les animaux sous-marins.

Diplômée des Métiers d’art textile à l’école Duperré et des Métiers d’art du métal à l’école Olivier de Serres, Mylinh Nguyen est spécialisée dans le tournage sur métaux cuivreux. Elle développe, depuis 2002, la création d’objets et d’accessoires à partir de cette technique rare. En 2013, elle a été lauréate du prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la main.

Inaugurée en 1992, la Villa Kujoyama s’inspire du modèle de la Villa Médicis à Rome. Elle a réouvert ses portes en octobre 2014 après les travaux de restauration rendus possibles grâce au soutien de Pierre Bergé. La Fondation Bettencourt Schueller est engagée aux côtés de la Villa Kujoyama en tant que mécène de ses programmes de résidences. Aujourd’hui placée sous la tutelle de l’Institut français et de l’Institut français du Japon, elle est l’unique résidence en Asie pour les artistes français.

Musée de la Chasse et de la Nature. 62, rue des Archives 75003 Paris. Communication du musée de la Chasse et de la Nature Ugo Deslandes. RELATIONS AVEC LA PRESSE Heymann, Renoult Associées. Sarah Heymann, Marc Fernandes et Yohanna Todd-Morel.

Je  t’embrasse depuis notre chère et cultivée France,

Félix José Hernández.