Dieu n’habite pas La Havane par Yasmina Khadra

Dieu n’habite pas La Havane par Yasmina Khadra

Paris le 9 septembre 2016.

 Un hymne à la musique, à l’amour et à l’irréductible joie de vivre du peuple cubain.

À l’heure où le régime castriste s’essouffle. Juan del Monte Jonava, à cinquante ans passés, chante toujours dans les cabarets de La Havane. Sa voix magnifique qui électrisait les foules lui a valu le surnom de « Don Fuego », mais les temps ont changé et les carrières artistiques ne sont plus garanties. Don Fuego est invité à céder la place. À l’instar de nombreux Cubains habitués aux restrictions, Juan vit chez sa soeur et sa nombreuse famille. Obligé de courir le cachet, il traîne son mal être dans les rues de la ville, quand il tombe sur Mayensi, une jeune fille « rousse et belle comme une flamme » que malmène un terrible secret.

Touché par la grâce et le désarroi de la jeune fille venue de nulle part et livrée à elle même dans une banlieue dangereuse, Don Fuego décide de l’emmener chez sa sœur. Malgré la différence d’âge, il éprouve pour elle une attirance de plus en plus forte et, à son contact, la vitalité et la passion qu’il croyait àjamais disparues renaissent en lui. Hélas, cette beauté farouche et mystérieuse semble nourrir une étrange méfiance à l’égard des hommes. Et si Don Fuego réussit à la séduire, il sait que ce moment de bonheur parfait qu’elle lui offre ne pourra être qu’une parenthèse miraculeuse.

Dieu n’habite pas La Havane est d’abord un chant d’amour dédié à toutes ces fabuleuses destinées, d’ici ou d’ailleurs, contrariées par un régime autoritaire, ou par l’injustice d’un sort qu’elles n’ont pas choisi. Chaque façade décrépie de La Havane cache une existence par en volute, consumée en vain. De la splendeur oubliée de cette ville, il restera toujours un charme indéfinissable. De même que lorsque tout s’effondre autour de Don Fuego, deux piliers indispensables lui resteront fidèles : sa famille et… la musique. Alliant la maîtrise et le souffle d’un Steinbeck contemporain Yasmina Khadra mène une réflexion nostalgique sur la jeunesse perdue, sans cesse contrebalancée par la jubilation de chanter, de danser et de croire en des lendemains heureux.

La plupart des romans de Yasmina Khadra sont traduits en plus de 40 langues. Adaptés au théâtre dans plusieurs pays (Amérique latine, Europe et Afrique), en bandes dessinées, certains de ses livres sont aussi portés à l’écran (Morituri; Ce que le jour doit à la nuit: L’ Attentat). Les hirondelles de Kaboul est en cours de réalisation en film d’animation par Zabou Breitman.

Yasmina Khadra a aussi co-signé les scenarios de La voie de l’ennemi. avec Forest Whitaker et Harvey Keitel. et de La Route d’Istanbul, tous deux réalisés par Rachid Bouchareb. Ce que le jour doit à la nuit a été adapté au cinéma par Alexandre Arcady en 2012. L’Attentat a reçu, entre autres, le prix des Libraires 2006 et a été traduit dans 36 pays. Son adaptation cinématographique par Ziad Doueiri est sortie sur les écrans en 2013.

« Un roman musical et enlevé, émouvant et tropical » Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo

« Puissamment lyrique, conteur et rageur… Khadra suit son homme, et raconte Cuba, la musique, la politique, dans un texte qui s’appuie sur une certaine légèreté non dénuée de générosité. Homogène, fluide, c’est aussi un homage romanesque aux chanteurs de rue, qui évite la nostalgie pour mieux composer une histoire de musique et d’amour » Hubert Artus, 

 Merci Yasmina Khadra. J’ai recommencé à parcourir les rues de ma ville bien-aimée de La Havane, la ville de mon adolescence et de ma jeunesse, avec ses parfums, les couleurs et la musique, sous mon soleil des Caraïbes. Beau roman que je recommande à tous ceux qui aiment ou désirent connaître La Havane et les cubains.

 Dieu n’habite pas La Havane. Yasmina Khadra. Roman, 312 pages. © Éditions Juillard, Paris, 2016. ISBN: 978-32-260-02421-7

Félix José Hernández.