Édouard Moyse peintre de la vie juive au XIXe siècle

Autoportrait, Édouard Moyse 1853 © RMN-Grand Palais.
Autoportrait, Édouard Moyse 1853 © RMN-Grand Palais.
Autoportrait, Édouard Moyse 1853 © RMN-Grand Palais.

Paris le 6 juillet 2016.

Chère Ofelia,

Hier, j’ai eu l’opportunité de visiter la belle exposition Édouard Moyse peintre de la vie juive au XIXe siècle, au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme.

On m’a offert très aimablement cette documentation que je t’envoie avec cette lettre.

Je te prie de la faire circuler là-bas à La Havane, parmi nos amis qui connaissent la langue de Molière.

Édouard Moyse (1827-1908), peintre d’origine lorraine, s’est attaché à développer une œuvre de « genre israélite » – selon la formule de l’époque –, traitant à la fois des scènes de la vie juive et des moments historiques qui ancrent les principes défendus par les juifs émancipés intégrés aux nations européennes. Tout en conservant sa fidélité à la Lorraine il entremêle les valeurs françaises à celles du judaïsme dans une synthèse propre au franco-judaïsme du XIXe siècle que l’on a qualifiée d’« israélitisme ». Il en devient le chantre, en représentant en 1868 son acte fondateur, le Grand Sanhédrin, assemblée de rabbins convoquée par Napoléon en 1806. Édouard Moyse est le maître français incontesté de cette peinture de l’émancipation, pratiquée en Allemagne par Moritz Oppenheim ou en Pologne par Maurycy Gottlieb.

Si quelques autres peintres, comme Édouard Brandon ou Alphonse Lévy, traitent aussi de scènes de la vie juive, Moyse s’en fait une spécialité au point d’être surnommé « le peintre des rabbins » et donne une coloration spécifique à ses représentations. Il livre également une magnifique série de pastels sur les juifs d’Algérie, où il découvre l’universalité du judaïsme ; il combinera désormais dans ses compositions des motifs typiques des mondes juifs européen et maghrébin.

Présentation inédite des œuvres du plus important peintre juif français du XIXe siècle, cette exposition, organisée par le musée d’art et d’histoire du Judaïsme et le musée des Beaux-Arts de Nancy, permet la découverte d’une expression artistique méconnue du judaïsme. Elle est accompagnée d’une monographie de Jean Bernheim, préfacée par Dominique Jarrassé, Édouard Moyse ou la peinture israélite (Esthétiques du divers, 2012).

Commissaire : Dominique Jarrassé, université de Bordeaux Commissaire adjoint : Jean Bernheim Cette exposition a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitismre. Avec le concours des peintures Farrow & Ball.

Édouard Moyse peintre de la vie juive au XIXe siècle.  30 mars – 15 août 2016. Musée d’art et d’histoire du Judaïsme. Hôtel de Saint-Aignan 71, rue du Temple. 75003 Paris. Paul Salmona, directeur ; Corinne Bacharach, responsable de l’auditorium et de la communication ; Contact presse: Sandrine Adass.

Je  t’embrasse depuis notre chère et cultivée France,

Félix José Hernández.