Paris le 11 mars 2017.

« Salies-de-Béarn, mai 1943

Il faisait si chaud! Alice cherchait un coin à l’ombre. Il y avait un grand arbre de l’autre côté de la place, mais Jeanne lui avait interdit de s’éloigner de l’entrée de la mairie. Sa nourrice n’en avait que pour quelques minutes et les enfants n’avaient pas leur place dans ce type d’endroit…

Alice avait l’impression d’être sur ces marches depuis une éternité. Pour se changer les idées, elle observait les passants. Un petit garçon s’était mis à pleurer et sa mère lui avait donné une fessée. Deux hommes discutaient, adossés au mur du bâtiment voisin. Jeanne avait dit que ça s’appelait un commissariat, c’était là qu’on trouvait la police. Et puis plus rien. À cette heure-ci, le village était calme.

Une serveuse sortit du café en face. Elle tenait un plateau. Dessus, Alice distingua une carafe d’eau et une coupe recouverte d’un torchon. Impossible de voir ce qu’elle contenait. La dame avançait dans sa direction. Avec un grand sourire, Alice lui fit un signe de la main.

Mais la serveuse se dirigea vers les deux messieurs à côté. Alice était si déçue qu’elle eut envie de pleurer. Elle avait tellement soif !

Elle regardait les hommes avec envie. Le premier était petit avec une moustache, l’autre plutôt grand. Ses mains étaient immenses. Quelque chose la gênait chez eux, mais elle ne savait pas quoi. Elle continua de les observer. De la tête aux pieds, ils étaient vêtus de noir. Leurs pantalons semblaient épais, avec des poches sur les côtés, et leurs grosses chaussures de cuir montaient jusqu’aux mollets. Sur leur chemise noire, seul un petit écusson plus clair dénotait. Celui aux grandes mains portait même un béret. Pas étonnant qu’ils aient besoin de se rafraîchir…

La serveuse semblait mal à l’aise et dit sans lever la tête :

— C’est le patron qui vous offre ça.

Celui à la moustache lui caressa l’épaule

— Et pourquoi ce n’est pas toi ?

D’un petit geste, elle se dégagea

— Je ne suis que serveuse. Il y a de la citronnade et de la glace à la fraise.

Au mot glace, Alice tressaillit. Elle n’en avait goûté qu’une fois. Quel délice! Jeanne s’était même moquée d’elle, parce qu’elle avait fermé les yeux en mangeant. Mais ça coûtait très cher, et peu d’endroits en vendaient. Il fallait qu’elle voie ça de plus près.

Ils s’étaient servi deux boules chacun. »

1946. La guerre est finie depuis quelques mois lorsqu’Alice, huit ans, rencontre pour la première fois sa mère. Après des années à vivre cachée dans une ferme auprès de sa nourrice, la petite fille doit tout quitter pour suivre cette femme dont elle ne sait rien et qui lui fait peur, avec son tatouage énigmatique sur le bras. C’est le début d’un long voyage : de Paris à New York, Alice va découvrir le secret de sa propre histoire, et quitter à jamais l’enfance. Comment trouver son chemin dans un monde dévasté par la guerre ? Avec une sensibilité infinie, Sarah Barukh exprime les sentiments et les émotions d’une enfant prise dans la tourmente de l’Histoire. Un premier roman magistral.

« Sarah donne à son premier livre les couleurs d’un palpitant roman d’aventures. » FEMINA

Entretien de Sarah Barukh avec Lecthot : http://www.lecthot.com/entretien-avec-sarah-barukh

« Elle voulait juste marcher tout droit » révèle un écrivain puissant, de grand talent. Sarah Barukh nous plonge au cœur de la tragédie de l’enfance et la guerre. Elle signe un grand roman !

Sarah Barukh à Paris. Le 15 mars 2017 : Dédicace à 18h30 à la librairie Albin Michel. 229 boulevard Saint-Germain. 75007 Paris.

Sarah Barukh en dédicace à Livre Paris. Le 25 mars 2017. Dédicace de 14h à 15h sur le stand Albin Michel (J68). Salon Livre Paris. Porte de Versailles pour assister à la 37ème édition du plus grand événement généraliste dédié au livre en France !

Sarah Barukh a 35 ans, habite à Paris et travaille dans la communication. Depuis l’enfance, Sarah a toujours aimé les histoires, celles qu’on lui contait ou celles qu’elle s’inventait. Elle a créé sa propre entreprise. « Elle voulait juste marcher tout droit » est son premier roman.

Elle voulait juste marcher tout droit. Sarah Barukh. © Éditions Albin Michel, 2017. Édition brochée 21.50 €. 140 mm x 205 mm. 432 pages. Photo de couverture : © Renphoto/Vetta/Getty Images.
ISBN : 978-2-226-32976-9

Publié par Félix José Hernández.

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