Sí, hay un peligro de guerra civil en Córcega y también en otros lugares de Francia

Jacques Myard : «Oui, il y a un risque de guerre civile en Corse et ailleurs»

FIGAROVOX/ENTRETIEN– L’attaque violente d’un camion de pompier à Ajaccio a provoqué de fortes tensions sur l’Île de Beauté. Pour Jacques Myard, la crise corse préfigure des évènements similaires partout en France.


Jacques Myard est député-maire de Maisons-Laffitte (Yvelines). Il est également président du Cercle Nation et République


Après l’agression de pompiers dans le quartier des Jardins de l’Empereur à Ajaccio, la Corse a connu plusieurs jours de tension…

Jacques Myard: Les violences en Corse ne sont malheureusement pas une surprise. Les caillassages et les agressions contre les pompiers et les forces de l’ordre se produisent dans toutes les banlieues de France et sont presque devenus une accoutumance à laquelle on ne peut pas s’habituer. Les réactions de la population d’Ajaccio montrent à l’évidence que le ras-le-bol est atteint . La population a voulu réagir face à la défaillance de l’État en se faisant justice elle-même. Dans un cas comme dans l’autre, aucun responsable politique ne peut admettre ce qui s’est passé. Il n’en demeure pas moins que nous devons dépasser la réaction épidermique que l’on peut avoir face à ces évènements.

N’y-a-t-il pas également une dérive nationaliste?

Il y a une spécificité corse: c’est une évidence et personne ne le nie. De tous temps, les Corses ont toujours réagi face à ce qu’ils estimaient inadmissible. C’est la richesse de la nation française. Cependant, c’est parce qu’il y a eu faillite de l’État en matière de maintien de l’ordre et de sécurité que la population s’est révoltée. En voulant se faire justice eux-mêmes, les Corses n’ont fait que pallier l’absence de l’Etat. C’est un phénomène qui à mon sens risque de se répéter partout en France. Il y a une véritable colère face à la montée de cette «injustice» ou de cette «ajustice», c’est à dire l’absence de sanction face à des caïds qui de manière répétée font règner leurs lois. Il y a en France des zones de non droit. Face à cette situation, il est particulièrement osé de parler de racisme ordinaire. Il s’agit d’une polémique alibi qui masque de la part de ceux qui emploient ces termes une cécité totale sur les phénomènes qui sont en train de naître en France.

Que faut-il faire?

L’alternative est très simple, l’État assure la première de ses missions la sécurité de citoyens ou il s’installe dans la démission et il sera vite remplacé par la justice populaire. La sécurité plus encore que la politique a horreur du vide, alors l’heure n’est plus aux condamnations morales mais à la nécessité absolue de la tolérance zéro face aux caïds des banlieues. Le gouvernement et plus particulièrement la garde des Sceaux au lieu de fustiger le racisme des Français, véritable alibi de leur propre faillite devrait se souvenir de la phrase prémonitoire d’un noble de la cour au Roi à la veille de la révolution: «Sire ce peuple est terrible». Ils l’apprendront à leurs dépens! La crise corse est prémonitoire et pourrait se propager sur le continent.

Manuel Valls a récemment évoqué le risque de «guerre civile»…

Il est évident que si il n’y a pas un sursaut de l’autorité, nous allons vers des évènements graves partout car nous savons bien qu’aujourd’hui les Français en ont assez de cette insécurité grandissante. De la même manière, ils ne peuvent pas admettre que des Français viennent assassiner d’autres Français à cause de leur religion. Il faut pour maintenir la paix civile être extrêmement ferme. Si on laisse dériver le communautarisme, oui il y a un risque fort de guerre civile en France … Nous sommes ouverts sur le monde et la France subit directement toutes les dérives de la planète, notamment ce qui se passe au Proche et Moyen-Orient. C’est une évidence. Le nier, c’est jouer la politique de l’autruche.

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