Paris le 5 novembre  2016.

Parce qu’elle est fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux jo de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ?

Mimétique de l’audace féerique des figures jadis tracées au ciel de la compétition par une simple enfant, le roman acrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des “dieux du stade”, rend l’hommage d’une fiction inspirée à celle-là, qui, d’un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles, ces petites filles de l’été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue.

“C’est un dialogue fantasmé entre Nadia Comaneci, la jeune gymnaste roumaine de quatorze ans devenue, dès son apparition aux J. O. de 1976, une idole pop sportive à l’Ouest et « plus jeune héroïne communiste » à l’Est, et la narratrice, « Candide occidentale » fascinée, qui entreprend d’écrire son histoire, doutant, à raison, des versions officielles. L’histoire d’une jeune fille face à ses juges, qu’ils soient sportifs, politiques, médiatiques, désirée et manipulée également par les États, qu’ils soient communistes ou libéraux. L’histoire, aussi, de ce monde disparu et si souvent caricaturé : l’Europe de l’Est où j’ai grandi, coupée du monde, aujourd’hui enfouie dans une Histoire close par la chute d’un Mur.

 Comment raconter cette « petite communiste » à qui toutes les petites filles de l’Ouest ont rêvé de ressembler et qui reste une des dernières images médiatiques non sexualisée de jeune fille sacralisée par un Occident en manque d’ange laïque ?

La Petite Communiste qui ne souriait jamais est l’histoire de différentes fabrications et réécritures : réécriture, par CeauŞescu, du communisme dans la Roumanie des années 1980, fabrication du corps des gymnastes à l’Est comme à l’Ouest, réécriture occidentale de ce que fut la vie à l’Est, réécriture et fabrication du récit par l’héroïne-sujet, qui contredit souvent la narratrice et, enfin, réécriture du corps féminin par ceux qui ne se lassent jamais de le commenter et de le noter…

 C’est cette phrase-là, à la une d’un quotidien français, commentant Nadia Comaneci aux J. O. de Moscou, qui m’a décidée à écrire ce roman : « La petite fille s’est muée en femme, verdict : la magie est tombée. » Ce roman est, peut-être, un hommage à celle-là, qui, d’un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles, ces petites filles de l’été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue.” Lola Lafon

Un livre magnifique.  A lire absolument !

La petite communiste qui ne souriait jamais figure parmi les 25 romans de l’année sélectionnés par les critiques du Point.

« À travers le parcours du «robot communiste de quarante kilos », aux « os en fils de soie », l’auteure ausculte le corps en profondeur, avec des images puissantes.  » Barbara Rumpus, L’équipe

« Un tout petit livre saisissant et dérangeant, dans lequel chaque mot frappe fort et juste.  » Benoît Heimermann, L’équipe Magazine

« Un roman beau et cruel. Un livre en or.  »  Alice Le Dréau, Le Pèlerin

« Roman d’initiation La petite communiste qui ne souriait jamais s’ouvre par des morceaux de bravoure littéraire. Admirable travail littéraire, ce roman, en équilibre sur l’invention romanesque et le réel, se révèle follement séduisant par son style, sa construction, son originalité.  » Jean-Claude Raspiengeas, La Croix

« Un livre superbe !  » Anne-Sophie MercierLe Canard Enchaîné

« Au-delà de l’histoire, o combien allégorique, de cette baby star, Lola Lafon compose un roman à vif sur bien des guerres froides. » Baptiste LigerL’Express

« Un roman passionnant qui a ému nos lectrices.  » Corina Ciocarlie, Coup de cœur des lectrices de Version Femina

« La Petite Communiste qui ne souriait jamais est étonnant de justesse lorsqu’il s’agit de solder les phobies et les lubies d’une génération et d’une époque. Ceux qui, de loin ou de près, auront connu le Bucarest spectral des années 80 éprouveront la sensation, douloureuse presque, de vivre un remake – plus crédible et mieux ficelé que l’original – de la fin des Ceausescu.  » Corina Ciocarlie, Le jeudi du Luxembourg

« Le grand talent du livre de Lola Lafon, en se servant du destin et de la figure inouïe de Nadia Comaneci et en inventant ses interventions, est de proposer une réflexion sur la condition humaine. Qu’acceptons-nous et que choisissons nous ? Quelle image projetons-nous, malgré nous ? Et surtout, ces pages troublent, avec force, les certitudes d’un Occident toujours persuadé de ses justes causes.  » Yves HartéSud-Ouest

« Un texte virtuose !  » Florence Pitard, Ouest France

« Un texte empli de grâce qui jamais ne s’appesantit façon hagiographie hollywoodienne. Le roman en or de cette rentrée.  » Françoise Dargent, Le Figaro Littéraire

« Le roman de Lola Lafon n’est pas seulement passionnant, il est aussi troublant dans sa forme. La Petite communiste qui ne souriait jamais est l’occasion de questionner les fantasmes sur la Roumanie ubuesque de Ceaucescu, mais aussi les mirages de la démocratie et de la société de consommation.  » Thierry Gandillot, Les Echos

« Lola Lafon, dans la Petite communiste qui ne souriait jamais, narre les prodiges de Nadia Comaneci dans une prose qui est, elle aussi, un exercice de haute voltige.  » Christine MarcandierMediapart

« Une des perles de cette rentrée littéraire de janvier.  » Bernard Lehut, RTL

« Une petite fille en or. Sans tomber dans la morale mais avec beaucoup de grâce, le roman pose des questions humaines et géopolitiques. Un roman audacieux, ambitieux, passionnant; un roman à visage humain.  » Vincent Josse, France Inter

« Une prouesse littéraire. La petite communiste qui ne souriait jamais est un numéro d’équilibriste d’où jaillissent les multiples talents de Lola Lafon.  » Juliette Serfati, Gala

« Faute de pouvoir percer le mystère Nadia, Lola Lafon raconte magnifiquement comment une petite fée des Carpates a réussi à s’affranchir de la gravité, mais pas de la lourdeur des hommes. Un roman-acrobate aussi subjuguant que le “salto Comaneci”.  » Thomas Malhler, Le Point

« Sans jamais donner l’impression de l’effort ni trébucher, Lola Lafon sait tout à la fois quel élan prendre pour écrire chaque scène, et à quel moment arrêter son geste. Verdict ? La Petite communiste… est un texte sur la grâce qui en est tout empli.  » Raphaëlle Leyris, Le Monde

« C’est en sondant toutes les étapes de la création puis de la chute de ce corps-contrainte, et son incroyable force politique, que Lola Lafon parvient à signer le roman le plus fascinant de cette rentrée et, contre toute attente, le plus épique. Lola Lafon fait de Comaneci le miroir de toute la folie qui se joue, partout, envers le corps féminin  : attraction, répulsion, rêve d’élimination.  » Nelly Kapriélian, Les inrockuptibles

« Un exercice de voltige littéraire.  » Florence Pitard, Ouest France

« Lola Lafon a des origines française, russes et polonaises. Elle est la fille de Jeanne et Henri Lafon. Elle naît dans le Nord de la France, et grandit en Bulgarie puis en Roumanie , jusqu’à ses 12 ans, à l’époque du régime de Nicolae Ceausescu. Ses parents sont communistes et professeurs ; son père est enseignant3, « spécialiste de la littérature des Lumières », et plus particulièrement « spécialiste de Diderot ». Ils reviennent en France au milieu des années 1980.

Elle étudie l’anglais à La Sorbonne, puis part à New-York en tant que fille au pair, où elle suit une école de danse. Elle danse depuis ses 4 ans, du classique et du contemporain. » Wikipedia

La Petite Communiste qui ne souriait jamais. Lola Lafon. Roman. BABEL. © Actes Sud, 2014. 318 pages. 11 euros. ISBN : 978-2-330-07044-1.

Publié par Félix José Hernández.

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