matton

Photo: Charles Matton

Paris le 17 février 2016.

Chère Ofelia :

Hier, j’ai eu l’opportunité de visiter l’ exposition Le peintre Charles Matton, cinéaste et écrivain. On m’a offert très aimablement cette documentation que je t’envoie avec cette lettre. Je te prie de la faire circuler là-bas à La Havane, parmi nos amis qui connaissent la langue de Molière.

« Peintre, dessinateur, sculpteur, photographe, « fétichiste de l’objet » – selon son ami et préfacier Jean Baudrillard -, Charles Matton (1931-2008) fut aussi un cinéaste et un écrivain. Grâce au don de son épouse, Sylvie Matton, la BnF présente ses archives cinématographiques et une partie de ses écrits, dévoilant ainsi les réflexions du créateur, son talent littéraire et les coulisses de son œuvre multiple.

Les œuvres visuelles les plus célèbres de Charles Matton sont ses boîtes, à la fois réductions et reconstitutions de lieux, qu’il a conçues à partir des années 1980 comme des sculptures polychromes. Medium à part entière, elles intègrent la trame de toutes les autres techniques du « fabricant d’images », comme Matton aimait lui-même se définir, traquant et encerclant ses sujets de prédilection – les choses du quotidien, le réel, bien au-delà des leurres des trompeuses apparences.

Le cinéma et l’écriture font pleinement partie de ce maillage, s’associant à la quête et à la création compulsive de l’artiste. De La Pomme ou l’Histoire d’une histoire, court-métrage de 1966, à Rembrandt, long métrage réalisé en 1998, Charles Matton cinéaste offre au plasticien une narration privilégiée : la dramaturgie le fascine et satisfait son urgence de communiquer avec une vaste audience. Ses archives cinématographiques – scénarios annotés et dessinés, préparation du tournage et du montage, notes sur l’élaboration obsessionnelle et minutieuse du film – dévoilent, dans l’intimité du cinéaste, le processus de sa création.

Si ses films sont connus des cinéphiles et, pour certains, du grand public, il a peu publié de son vivant, hormis le texte d’une monographie et quelques articles pour des magazines et des revues d’art. Il a pourtant beaucoup écrit – il écrivait tous les jours – structurant, dès l’âge de vingt ans, une pensée critique et réflexive profondément originale. Ses écrits, révélés pour la première fois – essais, œuvres littéraires, pépites jetées sur papiers de tous formats -, témoignent de réflexions inédites sur l’esthétique et l’éthique, l’art, les artistes de son panthéon, l’argent, le sexe…. Ils accompagnent toutes ses créations, les éclairent, les inspirent, les lient entre elles. Car c’est bien à une mécanique logique et élaborée qu’aspire Charles Matton en utilisant tous les mediums – paradoxalement mystifiée par une joyeuse et absolue liberté.

Exposition Le peintre Charles Matton, cinéaste et écrivain. 9 février – 26 mars 2016. BnF I François-Mitterrand. Quai François-Mauriac, Paris XIII e Galerie des donateurs Du mardi au samedi 10h > 20h, dimanche 13h >19h. Fermé lundi et jours fériés. Entrée libre. Commissariat Joël Huthwohl, directeur du département des Arts du spectacle, BnF. Contacts presse Claudine Hermabessière , chef du service de presse et des partenariats médias. Chargée de communication presse Lisa Pénisson ».

Je t’embrasse depuis notre chère et cultivée France,

Félix José Hernández.

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