Le recueil de poèmes Fantasmagories, par Cydalis Gonzalez

Genève le 17 janvier 2017.

Fantasmagories n’est pas un recueil de poésie comme les autres. Il s’agit d’une poésie d’un nouveau genre, avant-gardiste, ou underground, où les poèmes pourraient être des chansons.

Le style est épuré, volontairement simple, parfois un peu gothique. Le thème principal du livre est un amour impossible, avec une réflexion inexprimée concrètement, mais sous-jacente, sur la vie et l’importance de nos émotions.

Entretien avec Cydalis Gonzalez au Café de la Maison des Arts de Grütli de Genève, Suisse :

Félix José Hernández – Bonjour Cydalis, j’ai appris que tu viens de publier ton premier recueil de poèmes, le livre Fantasmagories, pourquoi as-tu voulu écrire ce livre ?

Cydalis Gonzalez- Bonjour Félix. En réalité j’ai toujours aimé écrire. Petite fille, et dès que j’ai appris à lire et à écrire je lisais tout ce qui me tombait sous la main : les livres de l’école, les livres que mes parents m’offraient… J’aimais écrire aussi et je prenais beaucoup de plaisir à écrire sur mon journal. Pour ce qui est des poèmes édités dans ce recueil, il faut dire qu’au début j’ai commencé à les écrire juste pour m’occuper. À ce moment-là je dormais très peu. On m’a conseillé de faire une activité artistique pour me libérer de mes sentiments et de mes pensées. Je ne sais pas peindre ni suis très douée de mes mains, alors j’ai commencé à écrire ce qui me passait par la tête.

FJH- Qu’est-ce qui t’a fait choisir ce thème de l’amour ?

CG- Bon, c’est difficile. J’avoue que ces poèmes sont pour beaucoup autobiographiques. A l’époque j’étais amoureuse folle d’une personne, quelqu’un qui était pour moi une sorte de demi-dieu. Une référence. Un exemple. Un amour, une obsession. Il était la personne qui comptait dans ma vie. Et a compté pendant de nombreuses années.

FJHPourquoi écrire des poèmes, et pourquoi en anglais et en français, vous qui êtes bilingue français-espagnol ?

CG- Je ne peux pas l’expliquer. Les poèmes c’est la première expression qui est venue au niveau de l’écriture. Quand j’étais devant ma feuille, ou même dans mon lit en train de penser, il y avait ces idées de poèmes dans ma tête. Comme des chansons. Et j’ai écrit ce qui venait. Je laissais l’énergie circuler. De ma tête à l’écrit. Je ne suis pas musicienne, mais si j’avais pu je les aurais mis en musique.

En effet, je suis bilingue espagnol-français. Je suis née à Cuba et mes parents sont cubains. La première langue que j’ai parlée a été l’espagnol. Mais mon père, qui aimait le français et la culture française, m’a parlé en français pendant un certain temps quand je suis née. Plus tard, arrivée en France à l’âge de quatre ans, je suis entrée de plain-pied dans la vie et la langue française dès l’école maternelle, ce qui me permet de dire que j’ai comme langues maternelles aussi bien l’espagnol que le français.

Cependant, mes poèmes sont en français et en anglais car c’est comme ça que je les pensais, c’est comme ça qu’ils m’émouvaient et que j’arrivais à exprimer les idées à l’époque. Aujourd’hui je serais complètement incapable de le refaire. L’anglais n’étant pas ma langue maternelle, j’ai beaucoup perdu de ce que j’avais appris à l’université.

FJH- Quelles étaient tes influences au moment où tu as écrit le livre ?

CG- J’écoutais à l’époque beaucoup de musique. J’en écoute toujours, mais à l’époque c’était pratiquement tout le temps. J’allais beaucoup en soirées donc beaucoup d’électro. Et puis chez moi, un peu de tout. La radio, mais aussi à l’époque beaucoup de The Cure, Barbara, Benjamin Biolay. Et des influences latino-américaines comme Mercedes Sosa.

En lecture, je me souviens que quelqu’un m’avait recommandé Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke, donc je l’ai lu. Sinon je lis beaucoup d’auteurs français contemporains. Mais plus généralement tout ce qui me tombe sous la main et dont le résumé et l’histoire me plaisent. Par exemple Laurent Gounelle, Bernard Werber, Agnès Ledig, mais curieusement j’ai lu aussi récemment Bonjour tristesse de Françoise Sagan, et des auteurs espagnols ou latino-américains, entre autres Isabel Allende. Je me rappelle difficilement des noms, des dates et des titres des livres que je lis. Je lis et je fais peut-être d’une façon intuitive une sélection de ce que je dois garder. Le reste, j’oublie. C’est comme ça. J’ai voulu mettre une bibliothèque chez moi pour avoir les livres sous les yeux, mais ça prenait trop de place.

                                         La nuit avec toi

Quand vient le soir, que tout est noir, que la vie semble triste et froide, essaye de croire,

Mon ami, mon amant.

Tout n’est pas noir, il faut pouvoir croire, il faut pouvoir voir.

Comme dans un film en noir et blanc, c’est lent, c’est prenant, pesant.

Tu sais, je ne crois pas, mon ami, mon amant, à ceux qui disent que nous sommes des diamants.

Mon ami, mon amant, n’aie plus peur de ta voix, de ton sang, tu n’es que meilleur dedans.

 

Si ce n’est pas trop tard, je pense à mes parents, ils ont l’espoir que je puisse voir, dedans.

Tout n’est pas noir, et si je pleure souvent, je pense, ne rentre pas tard, ou couche toi avant…

Avant que la nuit ne t’emmène loin, loin devant, là où les fleurs se ferment comme le vent.

Et alors que la nuit noire me brûle comme dans le temps, tous mes espoirs sont noirs, noirs

Comme le vent ?

Mais tu es là mon ami, mon amant, tu es là comme la nuit noire, comme qui dirait tout le

Temps.

Et tu n’as pas peur du soir qui vient, constant, comme une lueur d’espoir dans ce grand enfer

Saupoudré de blanc…

 

Je pense à toi, c’est peut-être un peu tard, mais tu es toujours présent.

Si ta vie semble triste et froide quand viens le soir, mon ami, mon amant, n’aie pas peur d’y

Croire, car je crois souvent, qu’il n’est pas tard.

Et que je te verrai comme avant, dans la lueur du soir,

Qui fait blêmir le beau temps, car je n’ai pas peur de croire, que tu crois plus souvent,

Plus souvent que le soir, ne laisse d’ombre dans ton chant.

Et si ça te paraît bizarre, mon ami, mon amant,

Tu sembles quand même y croire une fois de temps en temps.

Ne perds pas espoir, car la vie prend son temps, le temps pour y croire et le temps d’avant…

Tu sembles si triste ce soir, mon ami, mon amant, alors qu’avant…

 

                                              Si la vie

Si la vie m’enchante

Pendant que je chante

Que je chante mon souhait de changer.

Oui, c’est bien, c’est comme ça,

C’est mon souhait, c’est mon souhait à moi.

Etre libre, libre de tout changer,

De tout modifier à mon gré.

De chanter la vie, quand il pleut,

De chanter la vie, quand on est heureux,

De chanter la vie, quand il fait froid,

De changer, de chanter, malgré moi.

Oui c’est bien, c’est comme ça,

Comme ça que je veux vivre, moi.

Changer, chanter dans le silence,

Changer, chanter dans les mauvais pas,

Oui c’est bien, c’est comme ça,

Comme ça que je veux vivre moi.

Etre libre, libre de chanter la joie,

De chanter la foi, de te chanter toi,

De changer le monde et chanter la joie.

De chanter l’amour, de chanter pour toi,

De chanter pour ceux qui sont comme moi.

Oui c’est bien, c’est comme ça,

Comme ça que je veux vivre moi, et toi ?

 

                                     Like an animal

I’m an animal

I’m an animal

I’m an animal

 

If I were a bird I would be an eagle

If I were a fish I would be a piranha

If I were a cat I’d be a tiger

If I were a dog you’d be mine

 

I’m an animal

I’m an animal

I’m an animal

 

If I were a beast I’d be an mankiller

If I were a cow I’d be a green one

If I were a pig I’d be the same

If I were a human I’d be a virtual murderer

 

I’m an animal

I’m an animal

I’m an animal

 

Don’t you be angry at me

I’ve tried to be nice, behave

Don’t you…

You’ll never make me your slave

 

Don’t you ever dare

To look at my eyes

And say it’s too late

It shouldn’t be anybody’s fate

 

I’m an animal

I’m an animal I’m an animal

It’s never too late

Cydalis Gonzalez est née à Cuba en 1976. Elle vit en France depuis l’âge de quatre ans. Traductrice et professeur de français langue étrangère de formation, elle a également vécu au Mexique où elle a enseigné dans une école de l’Alliance Française. Un tempérament curieux, affirmé mais discret, l’a souvent conduite à vivre hors des sentiers battus, sentiers desquels elle a tiré ses expériences de vie.

Fantasmagories. Auteur : Cydalis Gonzalez. Edilivre, Collection : Classique, Poésie (anglais-français) Format : Grand Format (170 x 240). 90 pages. 10 euros. Date de publication : 5 janvier 2017.Livre papier : ISBN : 9782414003969. Livre PDF : ISBN : 978241400397.

https://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/804241/s/fantasmagories-2571b0b31c/

Fantasmagories, un livre touchant et entraînant. A découvrir sans attendre.

Félix José Hernández.