Paris le 9 avril 2017.

Véritable labyrinthe au cœur du Paris souterrain, les Catacombes ont été aménagées dans les galeries d’anciennes carrières : à 20 mètres sous terre, le plus grand ossuaire au monde rassemble les restes de millions de Parisiens.

En 2017, les Catacombes font peau neuve grâce à de nouvelles installations. Les visiteurs empruntent à partir du mois d’avril une nouvelle sortie située au 21 bis avenue René Coty conçue par les architectes de l’agence Yoonseux et ont accès à une librairie-boutique aménagée par Arteum.

À partir du 13 juin, une nouvelle exposition intitulée Histoire de squelettes révèle de nouveaux aspects de la société urbaine parisienne de l’ancien régime suite à la fouille de l’Inrap de nombreux squelettes dans l’ancien cimetière de l’Hôpital de la Trinité, à l’emplacement du 35-103 boulevard Sébastopol.

Le projet des architectes de l’agence Yoonseux est centré sur le retour à la lumière du visiteur après son long parcours dans les galeries en sous-sol. L’auvent en vitrage feuilleté tendu vers l’avenue diffuse une lumière opalescente et constitue un seuil de transition grâce à la blancheur sculptée des parois en Corian et l’afflux de lumière naturelle.

A l’intérieur du site, l’installation d’un escalier de remontée plus large et plus praticable et la création de sanitaires améliorent le confort des visiteurs.

Paris Musées a fait de nouveau appel à Arteum, qui avait conçu la librairie boutique du musée Carnavalet – Histoire de Paris (Maurizio Galante et Tal Lancman designers), pour créer la nouvelle boutique des Catacombes (Agence Versions).

La sélection de livres est destinée à la fois à une cible d’amateurs et au grand public, à la recherche de connaissances sur l’histoire des Catacombes et les œuvres littéraires et artistiques inspirées par ce lieu hors du commun. Cette sélection s’adresse à une clientèle sensible aux beaux livres, aux textes, aux images et aux photographies de qualité, et comprend aussi un large choix d’ouvrages et de guides pour le grand public, à des prix abordables et disponibles en plusieurs langues.

L’assortiment des produits est très diversifié, allant du souvenir insolite à l’objet créatif. La thématique des crânes, des têtes de morts et des ossements se décline en papeterie, accessoires de mode, bijoux, objets du quotidien et jeux pédagogiques pour les plus jeunes de la bougie parfumée aux bijoux de créateurs, du déguisement squelette au skate Basquiat, chaque visiteur trouvera un souvenir ou un objet original, historique, ludique ou artistique. Véritable source d’inspiration pour les artistes et les créateurs, les vanités ont marqué l’histoire de l’art, leurs représentations esthétiques sont multiples et toujours aussi actuelles.

Nouvelle exposition à partir du 13 juin 2017.

L’exposition intitulée Histoire de squelettes montée en collaboration avec l’inrAp (institut national de recherches archéologiques préventives) et la DRAC Île-de-France, présente la fouille menée par l’Inrap sur l’ancien cimetière de l’hôpital de la Trinité, à l’emplacement du boulevard Sébastopol et révèle ses liens avec les ossements issus du même cimetière, déjà en place dans l’ossuaire des Catacombes.

Ce sujet permet d’évoquer l’origine de certains secteurs de l’ossuaire des Catacombes et, à travers une approche scientifique, de mieux connaître ces parisiens qui vécurent entre les XVe
et le XVIIe siècles. qui étaient-ils ? Quel était leur âge, leur sexe, leur alimentation, leurs maladies ? Quelles épidémies ont touché la société urbaine parisienne de l’ancien régime ? Comment mettre en perspective cette nouvelle lecture des restes humains ? Autant de questions auxquelles l’exposition s’efforce de répondre à travers une démarche archéologique et anthropologique.

D’ici fin 2019, une nouvelle entrée sera aménagée dans le pavillon qui jouxte l’accès actuel. Ce pavillon édifié par Claude Nicolas Ledoux en 1787 sera restauré et permettra de créer une entrée plus spacieuse pour l’attente des publics afin d’apporter en amont de la visite les éléments de compréhension de l’histoire du site. L’architecte en chef des monuments historiques Christophe Batard (Artene architecture) est chargé de la réalisation de cet ambitieux projet.

L’histoire du site des Catacombes.

Le transfert des ossements et la création de l’ossuaire en 1785, le cimetière des innocents, le plus central et le plus densément occupé des cimetières parisiens, est définitivement fermé pour des raisons sanitaires. Les ossements des charniers et des fosses communes sont alors évacués vers d’anciennes carrières désaffectées hors paris, au lieu-dit la « Tombe-Issoire ». Le
service des carrières, créé par arrêt du Conseil du Roi le 4 avril 1777 pour la protection et la consolidation du sous-sol parisien, est chargé de choisir et d’aménager le lieu.

L’ossuaire municipal est ainsi créé, et par référence à l’Antiquité, prend le nom de Catacombes (du grec katà: de haut en bas, vers le fond et kumbè: carène, partie du navire qui plonge dans l’eau). Les morts y sont doublement écartés, rejetés en dehors des limites de la ville et cachés sous terre. Dans la foulée, les ossements de tous les cimetières du centre de Paris ainsi que ceux découverts lors des travaux d’urbanisme jusqu’en 1960 y sont transférés.

C’est seulement sous l’empire qu’Héricart de Thury (1776-1854), inspecteur général des Carrières, prend conscience de l’intérêt du site. il aménage les galeries où s’amoncellent les ossements en une promenade paysagère souterraine où les os longs et les crânes sont disposés de manière décorative. Ouvertes au public le 1er juillet 1809, les Catacombes s’inscrivent parmi les premières créations muséographiques parisiennes et suscitèrent une vague de curiosité qui draina un public nombreux et parfois prestigieux, tels l’Empereur d’Autriche qui les visita en 1814 ou encore Napoléon III qui y descendit en 1860 avec son fils, le Prince Impérial.

Le parcours des Catacombes.

Après un escalier qui mène à vingt mètres sous terre, le parcours s’effectue dans une ancienne carrière probablement creusée au XVe siècle. Il débute par des galeries de confortation des carrières. La première étape est dite «l’atelier», c’est une ancienne carrière où voisinent des piliers « tournés », pris dans la masse, et des piliers « à bras » composés de pierres superposées, qui correspondent à deux techniques de consolidation du ciel de la galerie utilisées lors de l’exploitation du calcaire.
Dans la Galerie de Port-Mahon, se situe la grande curiosité du circuit, les sculptures d’un ouvrier carrier dénommé Décure, vétéran des armées de Louis XV, qui orna la paroi de trois maquettes de la forteresse de Port-Mahon, ville principale de l’île de Minorque aux Baléares où il aurait été un temps prisonnier des Anglais.

Plus loin, le « Bain de pieds des carriers » désigne la petite nappe d’eau, limpide et transparente, ménagée par les carriers et utilisée pour les maçonneries.

Sur l’ensemble du parcours, on peut déchiffrer sur les parois diverses inscriptions donnant le nom des rues en surface ou évoquant les travaux effectués dans ces galeries, telle la consolidation au XVIIIe siècle de l’aqueduc d’Arcueil, dit de Marie de Médicis construit de 1613 à 1623.

Si l’ossuaire des Catacombes est sans doute le plus grand ossuaire souterrain au monde, il ne constitue qu’1/800e de la superficie des anciennes carrières sous paris.

L’entrée de l’ossuaire est un linteau qui porte en lettres noires l’alexandrin : « Arrête, c’est ici l’empire de la mort », première d’une suite de sentences et de réflexions sur la fragilité de la vie humaine. La visite dans l’ossuaire est longue de 800 mètres, c’est une promenade dans des galeries tortueuses encadrées par des murs d’ossements.
dans l’ossuaire, les murs sont appelés « hagues d’ossements ».

Le parcours est rythmé par les piliers de la carrière, peints en noir et décorés d’obélisques blancs, qui séparent les murs d’ossements, d’autres ouvrages de confortation prennent l’apparence de monuments, on leur attribue des noms pompeux empruntés à l’antiquité ou à la littérature : le « pilier du Memento », le « sarcophage du Lacrymatoire », ou le « Tombeau de Gilbert », le « Grand Sacellum des obélisques », le « grand Pilier des Nuits Clémentines ».

La Fontaine de la « Samaritaine » est une source autour de laquelle a été aménagée une petite place circulaire ; la Crypte du Sacellum est un élargissement de la galerie en une chapelle autour d’un autel imité d’un tombeau antique ; la Lampe sépulcrale, premier monument élevé dans les Catacombes, est une coupe dans laquelle les carriers entretenaient un brasier permanent. Enfin, le parcours est parsemé de dalles gravées d’inscriptions littérairesautour d’un thème commun, le macabre et le funéraire.

Les Catacombes basses commémorent les morts des combats de l’époque révolutionnaire, à la manufacture de réveillon, le 18 mai 1789 (plaque) et le combat au château des Tuileries le 10 août 1792 (plaque). La « Crypte de la Passion », ou « tonneau », est un pilier de soutènement masqué par un habillage de crânes et de tibias présentant la forme d’un tonneau.

La gestion scientifique et la conservation préventive des Catacombes : La conservation préventive de la carrière et de l’ossuaire des Catacombes reste complexe en raison des conditions climatiques particulièrement humides et du caractère souterrain du lieu. Depuis 2013 elle fait l’objet d’une attention particulière : une première étude menée par le laboratoire UTICA, spécialisé dans la restauration d’objets archéologiques et de matériaux organiques, a permis un premier diagnostic et une méthodologie de maintenance prenant en compte le respect des restes humains. Depuis cette date, deux murs d’ossements sont remontés chaque année.

Les Catacombes en Chiffres

– Un ossuaire d’une superficie de 11.000 m. où reposent les restes de plusieurs millions
de parisiens.

– Un parcours à 20 mètres sous terre, soit une profondeur équivalente à un immeuble de 5 étages

– 800 mètres de galeries de l’ossuaire

– 512.000 visiteurs en 2016 dont 48 % de visiteurs étrangers.

Les Catacombes de Paris font partie des 14 sites culturels de l’établissement public Paris Musées. Elles sont rattachées depuis 2001 au Musée Carnavalet-Histoire de Paris. C’est un tronçon du réseau souterrain des carrières sous Paris, long d’1,7 km dans lequel a été installé l’ossuaire municipal de la ville en 1786. Le parcours commence au n°1 de l’avenue du Colonel-Henri-rol-Tanguy (Place Denfert-Rochereau), dans le 14e arrondissement.

La réfection progressive du sol de l’ossuaire va permettre le dégagement des graviers et le retour au niveau d’origine de la carrière.

Catacombes de Paris.1 avenue du Colonel Henri Rol -Tanguy. 75014 Paris.
Tél.: +33 (0)1 43 22 47 63. www.catacombes.paris.fr

Heures d’ouverture : Tous les jours de 10h à 20h30, Sauf lundis et certains jours fériés. Fermeture des caisses à 19h30.

Publié par Félix José Hernández.

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