Les Impressionnistes en Normandie

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Foto: Impression, Soleil levant. Claude Monet,1872.

Paris le 2 février 2016.

Chère Ofelia,
J’ai eu l’opportunité de visiter le Musée Jacquemart-André. On m’a offert très aimablement cette documentation que je t’envoie avec cette lettre.
Je te prie de la faire circuler là-bas à La Havane, parmi nos amis qui connaissent la langue de Molière.

Mais je n’ai jamais eu d’atelier et je ne comprends pas qu’on s’enferme dans une chambre. Pour dessiner, oui . Pour peindre, non… et Monet de s’exclamer, en désignant la Seine et le paysage devant lui: Voilà mon atelier, à moi ! Claude Monet,1880

Tous les jours je découvre des choses toujours plus belles ; c’est à en devenir fou, tellement j’ai envie de tout faire : la tête m’en pète ! Claude Monet, 15 juillet 1864

Le Musée Jacquemart-André présente au printemps un ensemble d’une cinquantaine d’œuvres prestigieuses, issues de collections particulières et d’institutions européennes et américaines majeures, qui retrace l’histoire de l’Impressionnisme, de ses peintres précurseurs aux grands maîtres.

Le XIXe siècle voit l’émergence d’un genre pictural nouveau: le paysage en plein air. Cette révolution picturale, née en Angleterre, va se propager sur le continent dès les années 1820 et la Normandie devenir, pendant un siècle, la destination préférée des peintres d’avant-garde.

Pour attirer les artistes, la Normandie dispose de sérieux atouts : la beauté et la diversité de ses paysages ; la richesse de son patrimoine architectural ; la mode des bains de mer qui draine une clientèle fortunée ; la facilité d’accès par bateau ou par diligence, puis par le train ; sa situation à mi-chemin entre Londres et Paris, les deux capitales artistiques de l’époque.

Dès la fin des guerres napoléoniennes, les paysagistes anglais (Turner, Bonington, Cotman…) débarquent en Normandie, avec leurs boîtes d’aquarelle, tandis que les français (Géricault, Delacroix, Isabey…) se rendent à Londres pour découvrir l’école anglaise.

De ces échanges naît une école française du paysage, dont Corot et Huet prennent bientôt la tête. À leur suite, c’est une myriade de peintres qui va sillonner la région et inventer une nouvelle esthétique : Delacroix, Riesener, Daubigny, Millet, Jongkind, Isabey, Troyon…

Cette révolution artistique se cristallise, au début des années 1860, lors des rencontres de Saint-Siméon, qui réunissent chaque année à Honfleur et sur la Côte Fleurie tout le gratin de la nouvelle peinture.

Il y a là Boudin, Monet et Jongkind, un trio inséparable, mais aussi tous leurs amis : Courbet, Daubigny, Bazille, Whistler, Cals… Sans compter Baudelaire, le premier à avoir célébré, dès 1859, les « beautés météorologiques » de Boudin.

Non loin de là, dans la Normandie bocagère, Degas peint ses premières courses de chevaux au Haras-du-Pin et Berthe Morisot s’initie au paysage, tandis qu’à Cherbourg, Manet révolutionne la peinture de marine. Dès lors, pendant plusieurs décennies, la Normandie va devenir l’atelier en plein air préféré des Impressionnistes. Monet, Degas, Renoir, Pissarro, Sisley, Boudin, Morisot, Caillebotte, Gonzales, Gauguin… vont y épanouir leur art et le renouveler constamment.

L’exposition se propose d’évoquer d’abord le rôle décisif joué par la Normandie dans l’émergence du mouvement impressionniste, à travers les échanges franco-anglais, le développement d’une école de la nature et les rencontres de Saint-Siméon. Puis, passant d’une approche historique à une approche géographique, l’exposition montrera à quel point les paysages et plus encore les lumières de la Normandie ont été déterminants dans l’attirance que cette région a exercée sur tous les maîtres de l’Impressionnisme.

L’atelier en plein air. Les Impressionnistes en Normandie. 18 mars – 25 juillet 2016. Musée Jacquemart-André. 158 boulevard Haussmann, 75008 Paris.

Commissariat de l’Exposition : Historienne de l’art, spécialiste et experte de Camille Pissarro, Claire Durand-Ruel Snollaerts a établi le catalogue raisonné de l’artiste. Elle a été co-commissaire des expositions Les Impressionnistes en privé au Musée Marmottan Monet en 2014, Pissarro dans les Ports : Rouen, Dieppe, Le Havre au MUMA du Havre en 2013, et Berthe Morisot au Musée Ordrupgaard de Copenhague en 2012. Elle a également publié les ouvrages Pissarro, Patriarche des Impressionnistes chez Découverte Gallimard (2012) Camille Pissarro – Rouen, Peindre la ville chez Point de Vues et Paul Durand-Ruel, Le marchand des impressionnistes chez Découverte Gallimard (2014). Historien de l’art, Jacques-Sylvain Klein a notamment publié La Normandie, berceau de l’Impressionnisme (1996) aux Editions Ouest-France, Lumières normandes, les hauts-lieux del’Impressionnisme (2013) aux éditions Point de vues et publie prochainement L’Impressionnisme se lève en Normandie (2016) aux Editions Ouest-France. Il a été commissaire général du 1er « Festival Normandie Impressionniste » en 2010. Il a également été commissaire de l’exposition Impressionnisme et Art vidéo à Rouen (2010) et a contribué au film Le Scandale impressionniste (Arte/RMN, 2010) en tant que conseiller scientifique et Pierre Curie, Conservateur du Musée Jacquemart-André.

Fanny Ménégaux, Responsable communication et marketing. Laurence Gillion, Chargée des relations presse et des partenariats.

Je t’embrasse depuis notre chère et cultivée France,

Félix José Hernández.

Hispanista revivido.