L’intensité d’un regard de Paula Modersohn-Becker

Paula Modersohn-Becker (1876-1907) Portrait de jeune fille, les doigts écartés devant la poitrine Vers 1905, détrempe sur toile, 41 x 33 cm.Von der Heydt-Museum, Wuppertal© Paula-Modersohn-Becker-Stiftung, Brême.
Paula Modersohn-Becker (1876-1907) Portrait de jeune fille, les doigts écartés devant la poitrine Vers 1905, détrempe sur toile, 41 x 33 cm.Von der Heydt-Museum, Wuppertal© Paula-Modersohn-Becker-Stiftung, Brême.
Paula Modersohn-Becker (1876-1907) Portrait de jeune fille, les doigts écartés devant la poitrine Vers 1905, détrempe sur toile, 41 x 33 cm.Von der Heydt-Museum, Wuppertal© Paula-Modersohn-Becker-Stiftung, Brême.

Paris le 4 juillet 2016.

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente la première monographie de Paula Modersohn-Becker (1876-1907) en France. Bien que méconnue du public français, elle est aujourd’hui une figure majeure de l’art moderne.

Malgré sa courte carrière artistique réduite à seulement une dizaine d’années, l’artiste nous transmet une œuvre extrêmement riche que l’exposition retrace à travers une centaine de peintures et dessins. Des extraits de lettres et de journaux intimes viennent enrichir le parcours et permettent ainsi de comprendre combien son art et sa vie personnelle furent intimement liés.

Après une formation à Berlin, Paula Modersohn-Becker rejoint la communauté artistique de Worpswede, dans le nord de l’Allemagne. Très rapidement, elle s’en détache pour trouver d’autres sources d’inspiration. Fascinée par Paris et les avant-gardes du début du XXe siècle, elle y fait de nombreux séjours et découvre les artistes qu’elle admire (Rodin, Cézanne, Gauguin, Le Douanier Rousseau, Picasso, Matisse).

Résolument moderne et en avance sur son temps, Paula Modersohn-Becker offre une esthétique personnelle audacieuse. Si les thèmes sont caractéristiques de son époque (autoportraits, mère et enfant, paysages, natures mortes,…), sa manière de les traiter est éminemment novatrice. Ses œuvres se démarquent par une force d’expression dans la couleur, une extrême sensibilité et une étonnante capacité à saisir l’essence même de ses modèles. Plusieurs peintures jugées trop avant-gardistes furent d’ailleurs présentées dans l’exposition Art dégénéré à Munich organisée par les nazis en 1937.

Paula Modersohn-Becker s’affirme en tant que femme dans de nombreux autoportraits en se peignant dans l’intimité, sans aucune complaisance, toujours à la recherche de son for intérieur. Elle entretient, tout au long de sa vie, une forte amitié avec le poète Rainer Maria Rilke. Leur correspondance et plusieurs œuvres en constituent de fascinants témoignages. Rilke rend hommage à l’artiste dans un poème, Requiem pour une amie, composé après sa mort à l’âge de 31 ans.

L’écrivaine Marie Darrieussecq porte un regard littéraire sur le travail de l’artiste en collaborant à l’exposition et au catalogue. Elle publie également sa première biographie en langue française, Être ici est une splendeur, Vie de Paula M. Becker (Éditions P.O.L, 2016).

Catalogue de l’exposition. Titre : Paula Modersohn-Becker, L’intensité d’un regard. Édition: Paris Musées.Version française.

Directeur : Fabrice Hergott. Commissaire de l’exposition: Julia Garimorth avec le conseil de Wolfgang Werner, Fondation Paula Modersohn-Becker et de Marie Darrieussecq, écrivaine. Responsable des Relations Presse : Maud Ohana. Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. 11 Avenue du Président Wilson. 75116 Paris.

Publié par Félix José Hernández.