L’ours dans l’art Préhistorique au Musée d’Archéologie nationale

Paris le 11 novembre 2016.

Les pensées et les croyances des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur (entre – 38 000 et – 11 000 ans environ) n’ont laissé que des traces fragiles et souvent fugaces. Pourtant, les artistes qui se sont exprimés de manière discrète sur de petits objets d’art, ou de façon spectaculaire sur les parois des grottes, nous ont offert une occasion extraordinaire de saisir la complexité de la vie intellectuelle ou spirituelle de leurs contemporains, il y a plusieurs dizaines de millénaires.

En choisissant de s’intéresser à l’ours dans l’art préhistorique, cette exposition a pour objectif de faire découvrir à un public familial la diversité et l’incroyable qualité plastique de l’art paléolithique, des statuettes en os ou en bois de renne aux plaquettes de pierre gravées, en passant par les peintures réalisées dans les grottes. Les pièces exposées, issues des collections de nombreux musées, témoignent de l’extraordinaire richesse de cet art. De manière originale, le parcours présentera en vis-à-vis les objets d’art mobilier et les œuvres pariétales, afin de permettre au visiteur d’apprécier à la fois les similarités et les grandes divergences des deux types d’expressions plastiques des hommes préhistoriques.

L’exposition permet aussi d’explorer les rapports qui ont uni les ours, ces animaux impressionnants et fascinants, aux hommes de la Préhistoire qui les ont côtoyés, chassés ou craints. Les ours sont représentés durant toutes les périodes du Paléolithique supérieur, même si une grande majorité des figurations est attribuée au Magdalénien (de – 19 000 à – 11 000 ans).

Comme pour l’ensemble des animaux dans l’art paléolithique, les figurations d’ours ne sont pas très réalistes, mais fondées sur l’utilisation et même l’exagération de certains caractères anatomiques. Les ours sont ainsi identifiables grâce à des critères, des « codes » que les visiteurs apprennent à reconnaître.

De plus, les ours occupent une place singulière dans ces œuvres que nous ont laissées les hommes de la Préhistoire. Parfois associés à d’autres animaux, voire aux hommes, ils sont le plus souvent figurés entre eux. Et, sur les parois des grottes, il faut dans bien des cas les chercher, les déchiffrer tant ils sont discrets voire dissimulés.

Centrée sur le Paléolithique, l’exposition présente aussi des œuvres plus récentes, réalisées par des populations qui ont également côtoyé les ours. De la statuette inuit au totem amérindien, ces représentations entrent en résonance avec les figurations préhistoriques. Le parcours porte aussi sur l’imagerie romantique de l’Ours des cavernes, animal emblématique de la Préhistoire, que l’on connaît dès le XIXe siècle et qui perdure encore aujourd’hui, aussi bien dans des romans ou des bandes dessinées que dans des ouvrages de diffusion scientifique.

Jouant un rôle scientifique majeur dans le domaine de l’art préhistorique depuis son ouverture en 1867, le Musée d’Archéologie nationale s’attache à présenter l’état des recherches sur le sujet, tout en les rendant accessibles au plus grand nombre. L’exposition comporte des écrans avec des animations 3D qui aident les visiteurs à lire les représentations les plus subtiles, un espace vidéo immersif présentant l’art pariétal, ainsi qu’un jeu interactif sur les matières, les techniques et les styles des objets d’art figurant des ours.

L’ours dans l’art Préhistorique. 16 octobre 2016 – 30 janvier 2017. Musée d’Archéologie nationale – Domaine national de Saint-Germain-en-Laye. Cette exposition est organisée par La Réunion des musées nationaux – Grand Palais et le Musée d’Archéologie nationale – Domaine national de Saint-Germain-en-Laye. Commissaires: Catherine Schwab, conservateur en chef du patrimoine, Musée d’Archéologie nationale, Collections du Paléolithique, UMR 7041 ArScAn « Archéologie et Sciences de l’Antiquité », et Elena Man-Estier, conservateur du patrimoine, Service régional d’Archéologie de Bretagne, UMR 6566 CReAAH « Centre de recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire ».

Publication aux éditions de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais, Paris 2016:  catalogue de l’exposition, 20 x 23, 4 cm, 84 pages, 18 €

Contacts presse : Réunion des musées nationaux – Grand Palais, Florence Le Moing et Svetlana Stojanovic.

Publié par Félix José Hernández.