Miguel Branco… Résonances, enlèvements, interférences

© Jeanne Bucher Jaeger, Paris

Paris le 18 octobre 2016.

La cour du musée de la Chasse et de la Nature accueille un cerf en bronze, assis sur le pavé, à la fois alerte et silencieux. C’est l’œuvre de l’artiste Miguel Branco, né au Portugal en 1963. Durant plus de 30 ans, grâce aux mediums de la peinture, du dessin, de la sculpture et de l’image digitale, son œuvre s’est centrée sur l’animal comme sujet principal. Ses figures sont silencieuses et mystérieuses, comme si elles étaient détachées de leur nature pour être vues sous un nouveau jour.

En empruntant la plupart de ses modèles à l’histoire de l’art, à Georges Stubbs notamment, ou en puisant parmi les illustrations des anciens ouvrages scientifiques telle l’Histoire naturelle du comte de Buffon, ses œuvres se prêtent à un nouveau travail d’ordre pictural et plastique. Revendiquant ces emprunts, l’artiste s’en sert d’une manière toute personnelle: il crée ses propres images d’images antérieures. En plaçant ses figures animales dans un contexte ou sous un éclairage nouveaux, Miguel Branco apporte un climat d’étrangeté. Pour la sculpture placée dans la cour, c’est le traitement stylistique épuré à l’extrême et l’échelle plus grande que nature qui viennent singulariser l’image monumentale de ce cervidé.

Le cerf immobile de Miguel Branco offre une sorte de contrepoint à l’exposition expo  des peintures allemandes présentée au même moment dans les salles du musée. En effet, la simplicité, l’apparente fragilité et la forme d’intériorité qui caractérisent le travail de l’artiste portugais, forment un frappant contraste avec ce qu’expérimentent les artistes germaniques du xix e siècle en exaltant les forces sauvages qui ont libre cours dans la nature. Tandis que, inlassablement déclinés, leurs cerfs, coiffés d’une redoutable ramure s’affrontent dans des joutes meurtrières pour manifester leur puissance virile et guerrière, le cerf noir de Branco est silencieux et solennel, et nous regarde impassible, comme s’il nous questionnait.

Le sentiment paisible et intériorisé qui caractérise la sculpture de Miguel Branco se retrouve dans les autres œuvres qu’il présente dans les salles du musée. Renouvelant le jeu d’infiltration des collections permanentes dont le musée de la Chasse et de la Nature est coutumier, l’artiste établit un dialogue entre ses œuvres et les modèles anciens déjà accrochés sur les cimaises. Cette cohabitation, sous-titrée « Résonances, Enlèvements, Interférences », met en évidence le caractère subjectif et changeant de notre perception des animaux, le pouvoir de l’image ainsi que l’étrangeté de l’animal, cet «autre absolu», d’une présence magique primordiale.

Miguel Branco  « Résonances, enlèvements, interférences » Du 8 novembre 2016 au 12 février 2017. Musée de La Chasse et de la Nature. 62 rue des Archives, 75003 Paris. Communication du Musée de la Chasse et de la Nature : Ugo Deslandes. Relations avec la Presse : Heymann, Renoult  Associées, Sarah Heymann, Marc Fernandes et Yohanna Todd-Morel.

Publié par Félix José Hernández.