Notre-Drame de Paris d’Airy Routier et Nadia Le Brun

Paris le 23 septembre 2017.

Nadia Le Brun et Airy Routier ont dressé la liste des échecs de la maire de Paris et son bilan « désastreux » à propos de : la sécurité, la propreté, les embouteillages, l’endettement de la ville, etc. Une enquête, sérieuse et approfondie, sur un ton impertinent. On rit souvent car le sarcasme rend très agréable à lire ce livre.

Ce livre n’est pas un réquisitoire. Ce livre n’est pas un règlement de comptes. Ce livre n’est pas non plus une hagiographie ! C’est bien pire que cela : une enquête.

« En visite à Paris, la reine d’Angleterre est venue, ce samedi 7 juin 2014, dévoiler une plaque qui rebaptise à son nom le marché aux fleurs, dans l’île de la Cité, à deux pas de l’ancienne prison de la Conciergerie où fut emprisonnée la reine Marie-Antoinette, avant d’avoir la tête tranchée. Malgré le poids de l’Histoire et la fine pluie matinale, l’ambiance est au beau fixe. Elizabeth II est descendue de sa Bentley, en provenance de l’Hôtel de Ville, de l’autre côté de la Seine, sous les cris enjoués d’une petite foule de supporters au phrasé clair et puissant qui criaient «Vive la reine!». Peut-être des intermittents du spectacle, invités parla mairie de Paris?

Les badauds ont assisté, ce matin-là, à une scène inouïe. Ils ont vu Elizabeth Windsor, quatre-vingt-huit ans, reine depuis soixante-deux ans, tenir elle-même, sans chichi, son parapluie transparent, tandis qu’Anne Hidalgo, cinquante-quatre ans, élue maire de Paris depuis deux mois et deux jours, se faisait porter le sien par un huissier. Elle semblait ravie de se promener ainsi sous la bruine, tête nue et bras ballants, aux côtés de la souveraine d’une des plus anciennes monarchies du monde, souriante et drôlement chapeautée, comme à son habitude. Portant couronne et roulant carrosse lorsque les circonstances l’exigent, Elizabeth II sait aussi afficher sa simplicité, cacher les ors et les valets, loin de tous les apparats. C’est la marque d’une vraie distinction, qui fait ressortir la naïve prétention de la nouvelle maire socialiste dont les opposants ont vite compris, ce jour-là, qu’elle allait perdre tout contact avec la réalité.

Cette scène est en effet apparue hautement symbolique du goût d’Ana Hidalgo, née à Cadix, en Andalousie, pour les pompes, les honneurs et les voyages, mais surtout pour la fréquentation des grands de ce monde que lui permet sa position d’élue de Paris, une des plus grandes et des plus belles capitales de la planète. Mais nul n’imaginait alors qu’elle allait, à ce point, mettre en péril ses finances, y développer, à marche forcée, le logement social, la laisser se dégrader, l’ouvrir à une poignée de promoteurs et, surtout, qu’elle allait rendre délibérément la vie impossible à ses habitants comme à ceux de la région Île-de-France, soit une dizaine de millions de personnes, par sectarisme, par cynisme et par appétit de pouvoir. Au nom d’une écologie punitive assumée qui en dit long sur la vraie nature de son caractère.

Deux femmes sont particulièrement horrifiées. Présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse ne décolère pas d’avoir appris la fermeture définitive des voies sur berge… en ouvrant Le Journal du dimanche. Ségolène Royal non plus: « On n’est pas là pour embêter les gens », avait dit l’ancienne ministre de l’Écologie, à propos de la politique conduite par la maire de Paris, faisant un lointain écho au célèbre mot de Georges Pompidou, lancé à des technocrates idéologues, adeptes de la réglementation à tout crin : « Arrêtez d’emmerder les Français. »

Voilà donc la vérité sur l’action d’une élue qui rend invivable la vie quotidienne de dix millions d’habitants de Paris et de sa région tout en prétendant l’améliorer.

Cette femme cynique a cependant un talent : cet art de communiquer qui lui permet aujourd’hui encore de masquer ses échecs. On s’est – presque – habitué à ses prêches, de l’injonction du « vivre ensemble » à l’exaltation de « l’impôt citoyen » !

Airy Routier, journaliste dont on se rappelle les biographies non autorisées sur Bernard Arnault ou Bernard Tapie, et Nadia Le Brun montrent l’envers du décor, de la saleté croissante des rues à l’organisation de la paralysie automobile.

La politique du logement, aussi provocatrice qu’inefficace, l’aveuglement face à l’afflux des migrants, sans oublier une dette qui a doublé en quatre ans pour compléter le tableau : le bilan à mi-mandat apparaît déjà désastreux.

Ce qui fait peur, c’est que la maire de Paris, Anne Hidalgo, n’écoute plus personne, au point d’inquiéter même le nouveau président de la République, qu’elle déteste.
Entre récit et révélations, ce livre iconoclaste dit tout haut ce que bien des Parisiens pensent tout bas.

Notre-Drame de Paris : le making of ! : https://www.youtube.com/watch?v=rnxfGzPSUhE

Hidalgo : Notre-Drame de Paris – Focus JT TVL du 28/08/2017 : https://www.youtube.com/watch?v=rSRMDothUfw

CNEWS : http://www.cnews.fr/france/video/notre-drame-de-paris-le-livre-qui-attaque-anne-hidalgo-178754

Nadia Le Brun et Airy Routier à Paris :

– Rencontre et dédicace le 3 octobre à partir de 19h30 dans le cadre d’un Café des idées. Niv’s. 8 rue des Batignolles. 75017 Paris.

– Rencontre et dédicace le 10 octobre à partir de 10h30 au Siège Les Républicains. 238 rue de Vaugirard. 75015 Paris.

Airy Routier est journaliste et éditorialiste à Challenges. Il est l’auteur de plusieurs best-sellers dont La république des loups, Le flambeur : la vraie vie de Bernard Tapie, et Vie et mort du banquier Stern.

Nadia Le Brun est journaliste. Elle est l’auteure de La dame de pique (Éditions First) avec Alain Bourmaud.

Notre-Drame de Paris. Airy Routier et Nadia Le Brun. © Éditions Albin Michel, 2017. 145mm x 225mm. 240 pages. 18 €. ISBN : 978-2-226-39786-7

Publié par Félix José Hernández.