Paris le 2 septembre 2016.

“Le seul état de lieux sur nos origines qui soit complet, à jour, illustré et accessible à tous.”

 Il y a environ 7 millions d’années, une nouvelle lignée de grands singes fait ses premiers pas dans la savane africaine. Bipède, contrairement à ses cousins chimpanzés, elle va peu à peu se diversifier, donner naissance à de nouveaux genres et de nouvelles espèces, dont l’une va finir pas conquérir toute la planète. Cette espèce, c’est la nôtre, Homo sapiens. C’est le fil de cette longue et passionnante aventure à rebondissements que cet ouvrage nous invite à remonter, jusqu’à nos origines.

À quoi ressemblait la Terre, quand d’autres hommes que nous la peuplaient ? Comment y vivaient-ils ? Comment les hommes modernes sont-ils apparus et quel fut leur périple à la sortie de leur berceau africain ? Quels furent leurs rapports avec leurs cousins, et notamment les Néandertaliens ? Quand – et par qui ? – ont été inventés le feu, les outils, les premières sépultures, l’art ? Qui étaient Toumaï, Lucy, le petit Homme de Florès ou le nouveau venu, Homo naledi ?

Autant de questions, et bien d’autres, auxquelles répondent deux grands spécialistes de la paléoanthropologie – l’histoire naturelle de l’homme – et de la préhistoire – son histoire culturelle – en s’appuyant sur l’ensemble des découvertes scientifiques les plus récentes. L’évolution foisonnante de l’humanité et la vie quotidienne des hommes qui nous ont précédés sont ainsi retracées de façon claire et accessible à tous, et abondamment illustrées par plus de 200 photos, cartes et dessins, permettant de mieux voir et comprendre toute la richesse de notre préhistoire.

Un livre magnifique. À lire absolument!

Un extrait de Notre Préhistoire : 

« Il y a plus de sept millions d’années, à la suite de processus de sélection naturelle probablement impulsés par des changements climatiques, les homininés – de la sous-famille des hominidés – font leur apparition. Ces primates, dont nous faisons partie, se caractérisent par une particularité comportementale qui a de grandes conséquences sur l’anatomie, c’est la bipédie. Au cours des millions d’années qui suivent, notre grande famille se diversifie, donnant naissance à au moins six genres et probablement plus d’une vingtaine d’espèces, dont nous, Homo sapiens, sommes aujourd’hui les derniers représentants. Des paranthropes et australopithèques, qui conçurent peut-être les premiers outils, aux premiers représentants du genre Homo, qui partirent à la conquête de l’Ancien Monde, jusqu’à notre espèce qui colonisa toute la planète, ces hommes bipèdes ont connu de nombreuses aventures.

L’homme développe un outillage de plus en plus sophistiqué qui lui permet de modifier peu à peu sa relation à l’environnement : taille de la pierre, production du feu, façonnage de matériaux divers d’origine animale et végétale, élaboration d’habitats de plus en plus sûrs… Les inventions vont ainsi se succéder à un rythme exponentiel : depuis l’agriculture et l’élevage jusqu’à l’informatique en passant par la métallurgie et l’écriture. Totalement affranchi de son milieu naturel, l’homme est aujourd’hui capable de s’adapter à tous les environnements : faisant fi des contraintes que lui impose la biologie, il adapte sa bulle culturelle au monde. Il peut ainsi s’acclimater aussi bien
aux immensités glacées de l’Antarctique qu’à l’espace confiné d’une base spatiale en orbite autour de la Terre.

Les transformations radicales survenues depuis les premiers chasseurs-cueilleurs jusqu’aux spationautes ne peuvent se comprendre sans aborder l’évolution de l’homme
selon deux angles différents : l’aspect biologique fait l’objet de la paléoanthropologie tandis que les compétences techniques et intellectuelles sont traitées par l’archéologie
cognitive.

Cette dernière se déploie dans deux axes distincts :

Le premier s’intéresse au développement des facultés cognitives des plus anciens homininés, et porte aussi sur l’émergence de l’Homo sapiens. Il constitue à lui seul un vaste champ d’étude et aborde, entre autres, les questions suivantes : quelles continuités et quelles ruptures observe-t-on entre l’animal et l’homme tant au niveau de leurs comportements et de leurs aptitudes manuelles que de leurs « facultés mentales » ? En quoi celles-ci nous aident-elles à comprendre ce qu’est le propre de l’homme ? Quel est le lien entre la fabrication des outils et les compétences cognitives ? Quand et comment est apparu le langage ? Quel fut le contexte social qui a permis l’émergence de comportements de coopération dans la chasse et l’habitat ?

Le second domaine concerne l’histoire de l’homme moderne. L’appareil cognitif, qui dépend directement de la base génétique, semble avoir peu évolué depuis 50 000 ans voire plus, alors que la culture a quant à elle subi des transformations radicales. Toutes les étapes culturelles et techniques franchies ont leur dimension cognitive : invention de l’agriculture, émergence des villages sédentaires puis des premières villes, usage de l’écriture, développement de la métallurgie, apparition de religions organisées, d’idéologieslargement partagées, développement d’États et d’empires. Étant donné que plusieurs de ces phénomènes sont apparus indépendamment dans des endroits différents du globe et dans des contextes divers, on ne peut leur donner une explication unique d’ordre évolutionniste. L’enjeu de l’archéologie cognitive est donc entre autres de tenter de comprendre comment la formation de systèmes symboliques dans tel ou tel contexte particulier modèle et conditionne d’autres développements.

On voit ainsi que, de quelque côté que l’on se tourne, et malgré des avancées significatives dans les dernières années, ainsi que l’apport des découvertes qui ne cessentd’enrichir nos connaissances, le champ de la préhistoire est encore largement à défricher.
Pour notre plus grand bonheur… »

 Sophie A. De Beaune est professeur à l’université de Lyon et chercheur au laboratoire « Archéologies et Sciences de l’Antiquité » à Nanterre. Elle étudie les comportements techniques et les aptitudes cognitives de l’homme préhistorique.
Elle a notamment publié Qu’est-ce que la Préhistoire ? (Gallimard, 2016), Pour une archéologie du geste et L’homme et l’outil (CNRS Éd., 2000 et 2015) et codirigé Cognitive Archaeology and Human Evolution (CUP, 2009).

Antoine Balzeau est chargé de recherches au CNRS et chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle. Il travaille au musée de l’Homme, où il consacre l’essentiel de ses travaux à l’étude des transformations morphologiques des premiers hommes, en s’intéressant surtout à l’évolution du crâne et du cerveau.

Notre Préhistoire. La grande aventure de la famille humaine. Antoine Balzeau & Sophie De Beaune. 207 pages. 22 x 28 cm. Broché à rabats. Couleurs. Tout public. ©  Photo de couverture : Reconstitution d’une femelle Homo habilis par Élisabeth Daynès. Illustrations Olivier-Marc Nadel. Collection : Hors collection. © Éditions Belin 2016. ISBN 978-2-7011-9789-0.

Publié par Félix José Hernández.

 

 

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