Paris le 10 octobre 2016.

Chère Ofelia,

Hier, j’ai eu l’opportunité de visiter la très belle exposition Oscar Wilde, l’impertinent absolu au Petit Palais de Paris. On m’a offert très aimablement cette documentation que je t’envoie avec cette lettre. Je te prie de la faire circuler là-bas à La Havane, parmi nos amis qui connaissent la langue de Molière.

Le Petit Palais est heureux de présenter la première grande exposition  française consacrée au célèbre écrivain Oscar Wilde  (né en  1854 à Dublin – mort en 1900 à Paris).

En effet, bien que l’auteur soit mort dans la capitale, le centenaire de sa disparition n’y a pas été commémoré, alors que Londres lui consacrait deux grandes expositions en cette année, l’une à la British Library, essentiellement essentielle littéraire et biographique, l’autre au Barbican Center autour  des rapports de Wilde avec les artistes de son époque.

Pour cette grande première, le Petit Palais retracera la vie et l’œuvre de ce parfait francophone et ardent francophile à travers un ensemble   de  plus de 200 pièces rassemblant documents exceptionnels, inédits pour certains, manuscrits, photographies, dessins, caricatures, effets personnels, et tableaux empruntés en Irlande et en Angleterre bien sûr, mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, en Italie, dans les musées français (musée d’Orsay, BnF…) et dans différentes collections privées.

Il était donc bien naturel pour Paris d’accueillir une exposition célébrant Oscar Wilde tant ce dernier tissa des liens multiples et  féconds avec de nombreux représentants de la scène artistique et du milieu intellectuel parisien à la fin du XIXe.

En effet, Wilde fit de nombreux séjours à Paris entre 1883 et 1894 et fut ami avec plusieurs écrivains français, tels André Gide et Pierre Louÿs. Il fréquenta Mallarmé, Verlaine et même Victor Hugo. Wilde écrivit directement en français sa pièce de théâtre Salomé dont il destinait le rôle-titre à Sarah Bernhardt. Et c’est enfin à Paris qu’en 1900 il mourut dans le dénuement et la misère après sa condamnation en 1895 à Londres pour homosexualité. Son tombeau, surmonté d’une sculpture de Jacob Epstein est situé au cimetière du Père Lachaise.

La partie biographique de l’exposition présentera un caractère inédit en réunissant plusieurs portraits jamais vus ensemble jusqu’ici, notamment celui peint par Harper Pennington (U C L A, William Andrews Clark Memorial Library, Los Angeles).

De même,  la présentation conjointe de 13 tirages photographiques originaux  de portraits réalisés par Napoleon Sarony, pendant la tournée  américaine de Wilde, sera une première.

Mais on retrouvera aussi des portraits célèbres ou inattendus comme celui peint par Toulouse-Lautrec qui l’a représenté de dos sur le décor de la baraque de la Goulue, au premier plan à gauche de La Danse mauresque (musée d’Orsay).

Divers portraits de parents, d’amis et de familiers (sa femme Constance, Lord Alfred Douglas…) permettront  d’évoquer sa vie personnelle, complétés par quelques  memorabilia  et plusieurs dessins et aquarelles, paysages et portraits réalisés par Oscar Wilde lui-même.

L’exposition comportera bien sûr les manuscrits des œuvres les plus importantes de l’écrivain ainsi que des exemplaires de ses livres dédicacés à des auteurs français et diverses correspondances. L’accent sera mis notamment sur Salomé, publié en français en 1893 et ses fameuses illustrations par Beardsley.

Afin de donner un aspect visuel fort à l’accrochage au-delà des vitrines de manuscrits, l’exposition regroupera un choix de tableaux préraphaélites montrés à la  Grosvenor Gallery de Londres en 1877 et 1879  et  qui suscitèrent d’abondants commentaires de Wilde, critique d’art, où l’on retrouvera les noms de  Watts,  Millais, Hunt, Crane, Tissot, Stanhope … Le parcours sera également ponctué d’extraits de films mémorables, d’interviews de  Merlin Holland,  petit-fils d’Oscar Wilde, et de  Robert Badinter, auteur de la pièce  C.3.3. consacrée au procès et à l’incarcération d’Oscar Wilde, et d’enregistrements de textes lus par l’acteur  britannique Rupert Everett.

Enfin, l’exposition sera enrichie d’une application mobile, à la fois guide de visite et catalogue numérique. Le parcours de l’exposition sera composé de 25 points d’intérêts, avec des commentaires audio des deux commissaires et d’images en haute définition. Le catalogue numérique quant à lui aura pour objectif de faire découvrir Wilde et son influence par différentes entrées : une chronologie, une mappemonde, ou encore un abécédaire. Il reprendra également les interviews filmées présentées dans l’exposition.

Oscar Wilde. L’impertinent absolu. Le Petit Palais de Paris. 28 septembre 2016 – 15 janvier 2017. Commissariat : Dominique Morel, conservateur en chef au Petit Palais et Merlin Holland conseiller scientifique. Contact Presse : Mathilde Beaujard. Catalogue : préface de Charles Dantzig, 256 pages.

Je  t’embrasse depuis notre chère et cultivée France,

Félix José Hernández.

 

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