Vigée Le Brun Louise-Elisabeth (1755-1842). Paris, musée du Louvre. INV3055.
Vigée Le Brun Louise-Elisabeth (1755-1842). Paris, musée du Louvre. 

Paris le 26 avril 2016.

 Bien plus que le peintre de ruines et de paysages dont la postérité a gardé l’image, Hubert Robert fut surtout l’un des plus grands créateurs d’imaginaire poétique du XVIIIe siècle.  Cette dimension est au cœur de l’exposition monographique ─ la première depuis 1933 ─ que le musée du Louvre et la National Gallery of Art de Washington ont décidé de lui consacrer. Cette rétrospective rend compte de la brillante diversité et de la féconde curiosité de cet artiste inspiré et aimable, tout à la fois peintrephilosophe, paysagiste, architecte, maître d’œuvre, personnage officiel, un peu poète et historien aussi.

En s’appuyant sur les riches collections des départements des Peintures et des Arts Graphiques du musée du Louvre, l’exposition réunit un ensemble exceptionnel et varié de 140 œuvres (dessins, peintures, esquisses peintes, gravures, peintures monumentales, ensembles décoratifs et mobilier). Elle est rendue possible par la participation des plus grands fonds patrimoniaux français et étrangers conservant des œuvres de l’artiste : des prêts généreux proviennent ainsi des États-Unis et de Russie et aussi du musée Carnavalet ou du musée des Beaux-Arts de Valence, qui conserve sans doute la plus belle collection de dessins d’Hubert Robert.

Spirituel, sociable et esprit sans cesse en quête de nouveaux espaces d’investigations, en bref, véritable homme des Lumières, Hubert Robert entreprit un remarquable itinéraire d’artiste qui le conduisit de Rome au milieu du XVIIIe siècle jusqu’à la cour de France dont il réalisa certains des plus spectaculaires décors dans la décennie brillante qui précéda la Révolution. Mémorialiste de Paris et de l’histoire tumultueuse qui bouleversa la fin du siècle, il acheva sa brillante carrière en conservateur attentif et engagé du tout récent Muséum spécial des Arts, le futur musée du Louvre.

Esprit visionnaire, cet artiste à l’œuvre tout à la fois éclectique et profondément cohérent embrassa les genres distincts du paysage poétique, vues urbaines à la topographie inventive souvent proche du caprice architectural, des études archéologiques, des réalisations, remarquables et novatrices, dans le domaine des jardins paysagers (à Versailles ou à Méréville), ainsi que des décors palatiaux (à Bagatelle, à Rambouillet et jusqu’en Russie). Sur sa route, il a rencontré certains des plus grands créateurs de son siècle tels Pannini, Piranèse ou Denis Diderot, de grands architectes novateurs, mais aussi Fragonard, Elisabeth Vigée-Lebrun et Jacques-Louis David.

La riche production de ce créateur prolifique s’incarne dans l’exposition par la présentation de nombreux dessins – notamment ses merveilleuses sanguines (musée des Beaux-Arts de Valence), des esquisses peintes, des gravures, des caprices architecturaux ou archéologiques, des grandes peintures monumentales, des ensembles décoratifs (par exemple, la célèbre série des Antiquités de la France peinte pour le château de Fontainebleau, aujourd’hui au Louvre) mais aussi des représentations des grands jardins paysagers conçus par l’artiste et enfin des pièces de mobilier uniques dessinées par Robert pour la reine Marie-Antoinette (mobilier de la laiterie de Rambouillet).

Hubert Robert (1733-1808). Un peintre visionnaire. Musée du Louvre. Jusqu’au le  30 mai 2016. Commissaire de l’exposition : Guillaume Faroult, conservateur en chef du Patrimoine, département des Peintures, musée du Louvre.

Publié par Félix José Hernández.

 

 

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