Rétrospective Bernard Buffet au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris

Le buveur, 1948, huile sur toile, Musée d'Art moderne de la Ville de Paris © Musée d'Art moderne / Roger-Viollet © ADAGP, Paris, 2016.
Le buveur, 1948, huile sur toile, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
© Musée d’Art moderne / Roger-Viollet © ADAGP, Paris, 2016.

Paris le 8 août 2016.

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris organise une rétrospective de l’œuvre de Bernard Buffet (1928- 1999), considéré comme l’un des peintres français les plus célèbres du XXème siècle, mais également l’un des plus discutés. À travers une sélection d’une centaine de peintures, l’exposition propose une relecture d’une œuvre qui a été en réalité très peu vue.

Parce que le Musée d’Art moderne est le seul musée public possédant une collection importante d’œuvres de l’artiste (entrée en 1953 par l’important legs Girardin et en 2012 par la donation Ida et Maurice Garnier), il était légitime de réaliser ce projet qui remonte aux premiers contacts pris avec son marchand historique Maurice Garnier (1920 – 2014), il y a près de dix ans, mais que la dimension restée longtemps polémique de l’œuvre de Bernard Buffet avait retardé.

Aujourd’hui, avec la distance du temps, de nombreux artistes, professionnels et amateurs, reconsidèrent l’œuvre, ce qu’elle pouvait avoir de déroutant s’étant en partie atténué. En balayant l’ensemble de l’œuvre dans un parcours rétrospectif, mais très sélectif en raison de la grande productivité de l’artiste, l’exposition montrera la qualité et la variété insoupçonnées de ce qui restera peut-être comme une des œuvres picturales les plus fascinantes du siècle dernier et dont l’influence sera peut-être une des plus considérables.

Le parcours, organisé selon une présentation chronologique, s’ouvrira sur les débuts de Bernard Buffet, au moment où ses œuvres renouvellent le sens de tout un répertoire de formes et d’objets. Le contexte artistique de l’après-guerre, moment de débats autour de la question des réalismes, de la figuration et de l’abstraction, sera évoqué. Il s’agira de révéler le peintre comme un artiste paradoxal, qui se réfère à la peinture d’histoire à une époque de la disparition du sujet, qui allie peinture austère et aisance financière, grand succès public et rejet du monde de l’art.

Ainsi, à côté de ses thèmes de prédilection –autoportraits, natures mortes–, les différents sujets systématiquement exploités par Bernard Buffet au cours de ses expositions annuelles à la Galerie Garnier seront présentés: cycles religieux (La Passion du Christ), littéraires (L’Enfer de Dante, Vingt mille lieues sous les mers) ou allégoriques (Les Oiseaux, Les Folles). L’accent sera mis sur la réflexion constante de Bernard Buffet sur la peinture d’histoire (Horreur de la Guerre) et sur l’histoire de la peinture (Le Sommeil d’après Courbet), jusqu’à La Mort, spectaculaire dernière série se référant aux memento mori médiévaux.

À travers une abondante documentation, l’exposition sollicitera le regard du public sur les mécanismes de cette notoriété.

Le catalogue de l’exposition permet de présenter de nouvelles analyses sur l’artiste avec des contributions d’historiens français et internationaux, des textes d’écrivains et de critiques de l’époque ainsi que des interviews d’artistes contemporains.

Bernard Buffet. Rétrospective. 14 octobre 2016-26 février. Directeur : Fabrice Hergott. Commissaire de l’exposition : Dominique Gagneux. Responsable des Relations Presse : Maud Ohana. Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.11 Avenue du Président Wilson.75116 Paris.

Publié par Félix José Hernández.