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Miquel Barceló. Toro Banderilles
© ADAGP, Paris, 2016

Paris le 22 janvier 2016.

Chère Ofelia,

Hier, j’ai eu l’opportunité de visiter la Bibliothèque nationale de France. On m’a offert très aimablement cette documentation que je t’envoie.

Je te prie de la faire circuler là-bas à La Havane, parmi nos amis qui connaissent la langue de Molière.

Je t’embrasse depuis notre chère et cultivée France,

Félix José.

« La Bibliothèque nationale de France et le Musée national Picasso-Paris s’associent pour proposer un double évènement consacré à Miquel Barceló. Fortes de nombreuses pièces inédites, deux expositions permettent au public une immersion dans l’univers de l’artiste majorquin. Aux peintures et céramiques présentées par le Musée national Picasso-Paris fera écho la riche production gravée proposée par la BnF. Deux lieux et deux expositions pour une œuvre exceptionnelle à découvrir au printemps 2016 à Paris.

A la BnF, l’œuvre imprimé et une monumentale fresque de terre et de lumière inédite. L’œuvre imprimé de Miquel Barceló, rarement exposé, représente cependant une part majeure du travail de l’artiste. Peintre, dessinateur, sculpteur et céramiste, il expérimente également depuis ses débuts les techniques d’impression. Foisonnant, profondément original, son œuvre imprimé représente à ce jour près de deux cent cinquante gravures sur cuivre, sur bois, lithographies, sérigraphies et estampages. Bien qu’autonome, ce travail reste indissociable, par sa dimension foncièrement expérimentale, de l’ensemble de la production protéiforme de l’artiste majorquin.

C’est tout naturellement que la BnF a choisi de faire découvrir cette part méconnue de son œuvre en dialogue avec des dessins, des sculptures, des céramiques et des peintures, dans un parcours thématique construit autour d’une sélection de soixante estampes, travaux récents ou très anciens, qui rend compte de la cohérence et de la singularité de sa démarche.

Une monumentale fresque de terre et de lumière est créée in situ sur toute la hauteur des vitres de l’allée Julien Cain que l’artiste a couvertes d’une fine couche d’argile avant d’y dessiner en grattant la glaise séchée. Spectaculaire introduction à l’exposition, cette fresque de 190 mètres de long sur 6 mètres de haut immerge le visiteur dans l’univers envoûtant de Barceló et rend hommage au philosophe majorquin Ramon Llull.

Le parcours se déploie ensuite sur les thèmes de l’empreinte, la trace et la griffure, de la métamorphose, des tauromachies et des littératures. Vases et briques de terre cuite, portraits à l’eau de Javel, sur parchemin ou oreille d’éléphant, livres embossés et bronzes patinés, peintures et carnets font écho aux estampes. Estampes dans lesquelles l’artiste, tirant parti de toutes les ressources du medium, joue avec les textures, les couleurs et les subtiles nuances des noirs et des blancs pour, de l’ombre, faire naître la lumière.

A l’occasion de cette exposition, Miquel Barceló a complété par de belles donations le fonds de ses estampes et de ses livres d’artistes à la BnF.

Exposition réalisée avec le soutien de l’Institut Ramon Llull, organisme public chargé de la promotion internationale de la culture catalane, dans le cadre des commémorations du 700e anniversaire de la mort de Ramon Llull.

Miquel Barceló est le premier artiste contemporain invité au Musée national Picasso- depuis sa réouverture en 2014. Conçue comme une plongée dans l’univers singulier de l’artiste, l’exposition occupe l’intégralité du sous-sol de l’Hôtel Salé et présente un ensemble de peintures, sculptures, céramiques et œuvres sur papier des années 1990 à aujourd’hui. Le parcours se développe autour des divers domaines de création de l’artiste et met en avant les affinités de son œuvre avec les attitudes, les motifs et les processus créatifs de Pablo Picasso. Le thème de l’atelier constitue le fil rouge de l’exposition : de la représentation picturale qu’en donne Barceló dès les années 1990, jusqu’à la présentation d’ensembles de plâtres – modèles pour les fontes à venir ou fragments d’études qui évoquent l’atelier du sculpteur – en passant par la fabrique de céramiques, domaine dans lequel le visiteur pourra découvrir les dernières expérimentations menées autour de pièces fumées au charbon de bois. Œuvre maîtresse de l’exposition, un grand mur de briques spécialement réalisé par l’artiste, permet d’aborder la thématique récurrente chez lui de l’autoportrait, tout en évoquant la dimension monumentale de son travail.

En contrepoint de la centaine d’œuvres de Barceló, quelques pièces de Picasso choisies dans la collection du musée, ainsi qu’une sélection de photographies de ses divers ateliers, ponctuent le parcours et donnent à voir les correspondances existant entre les œuvres des deux artistes. Ces rapprochements relèvent à la fois d’une attitude commune vis-à-vis de la matière – processus créatif faisant la part belle à l’expérimentation permanente – que d’une perméabilité des techniques qui transparaît sur tous les supports. « Sol y sombra », évocation directe du monde de la tauromachie, renvoie aussi bien à l’iconographie chère au maître andalou qu’à cette approche propre à « l’animal » Barceló qui inscrit son travail dans un jeu permanent entre la densité d’une matière, superposée, triturée, grossièrement façonnée, et la délicatesse d’un geste d’effacement, d’un trait creusé en négatif qui fait surgir une lumière éclatante.

Expositions Miquel Barceló. Sol y sombra à la BnF I François Mitterrand du 22 mars au 28 août 2016. Quai François-Mauriac, Paris XIIIe. Galerie I. Au Musée national Picasso-Paris du 22 mars au 31 juillet 2016. 5 rue de Thorigny, Paris IIIe.

Commissariat. Bibliothèque nationale de France : Cécile Pocheau-Lesteven, conservateur au département des Estampes et de la photographie de la BnF, chargée de collections Estampes XXe et XXIe siècles. Musée national Picasso-Paris : Violette Andres, responsable des fonds photographiques Emilia Philippot, conservateur des peintures (1895-1921) et des arts graphiques.

Bibliothèque nationale de France : Claudine Hermabessière , chef du service de presse et des partenariats médias ; Isabelle Coilly, chargée de communication presse. Musée national Picasso-Paris : Leslie Lechevallier, directrice de la communication.

Miquel Barceló. Sol y sombra. Catalogue sous la direction d’Émilia Philippot et Cécile Pocheau-Lesteven 19,6 x 25,5 cm, 224 pages et 150 illustrations. Ouvrage broché. Coédition Actes Sud / Bibliothèque nationale de France / Musée national Picasso – Paris ».

Publié par Félix José Hernández.

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