Portrait de La Fayette, 1788 Louis-Léopold Boilly
Portrait de La Fayette, 1788 Louis-Léopold Boilly.

Versailles le 27 juin 2016.

Premier pays à reconnaître l’existence d’une nouvelle nation, les Etats-Unis d’Amérique, la France se devait de marquet l’événement ; et particulièrement à Versailles où la décision fut prise en 1776, où la guerre d’Indépendance américaine fut soutenue, et enfin où le Traité de Paix avec l’Angleterre fut signé en 1783. L’exposition s’attache à rappeler des faits souvent oubliés, qui témoignent des circonstances, de l’ampleur et des conséquences de l’engagement français.

Tout en reprenant le récit des événements, l’exposition contextualise, nuance, éclaire, étonne, mettant notamment en lumière :

– Un contexte de rivalité franco-anglaise et une revanche à prendre, préparée de longue date par la France.

– Les divisions internes dans les trois camps, la lutte entre « patriotes » et « loyalistes » en Amérique, l’existence d’une certaine opposition en Angleterre contre le traitement infligé aux colons, les hésitations françaises entre prudente évaluation des risques et enthousiasme.

– Le processus de prise de décisions à Versailles, la pression exercée par la première diplomatie américaine et les lieux précis du Château qui furent le cadre des discussions.

– La personnalité des protagonistes et l’évolution des mentalités.

– La mondialisation du conflit qui s’étendit, sur les mers, de l’Inde à la côte américaine en passant par la Méditerranée.

– Les pertes humaines dues à la violence et à l’ampleur des batailles surtout navales, les plus grandes du XVIIIe siècle et même du XIXe siècle puisque le nombre de vaisseaux engagés à la bataille des Saintes dépassait celui de la bataille de Trafalgar.

– L’interprétation par les artistes des trois pays, pendant et après la guerre d’Indépendance.

Résultat d’une collaboration scientifique avec les chercheurs des musées et des universités américaines – ceux également du Congrès et de la société des Cincinnati -, avec les historiens anglais et français, le discours de l’exposition s’applique à traiter les différents points de vue afin de dépasser une vision trop univoque des événements.

Des œuvres emblématiques sortant pour la première fois des Etats-Unis concourent à illustrer ce discours. La générosité des prêts consentis pour cette exposition est vraiment à souligner et pour en donner la mesure, il suffit d’évoquer celui de l’aigle de diamants, la pièce la plus précieuse de la prestigieuse collection des Cincinnati.

C’est dans un lieu inhabituel, dans cette galerie des Batailles qui ont fait la France, qu’est présentée l’exposition, à proximité de la représentation de la bataille de Yorktown, l’affrontement décisif de 1781. En 1835, un an après la mort de la Fayette, Louis-Philippe en commande l’image commémorative, montrant en cela que le souvenir de cette guerre et de ses sacrifices était encore bien présent, un souvenir entretenu outre-Atlantique comme une dette de sang et qui explique la ferveur du mot célèbre prononcé en 1917 : La Fayette, nous voilà !

Grâce au mécénat de Fondation Philippine de Rothschild, Opus One, French American Cultural Foundation. Et avec le soutien de idex.

Exposition ouverte tous les jours, sauf le lundi de 9h à 18h30 du 5 juillet au 2 octobre 2016. Galerie des Batailles

Catalogue de l’exposition “Versailles et l’indépendance américaine” sous la direction de Valérie Bajou. 24 x 28 cm, 208 pages, environ 150 illustrations. Co-édition Château de Versailles / Gourcuff Gradenigo.

Colloque international “Versailles et l’indépendance américaine” le mardi 5 juillet 2016 au château de Versailles.

Publié par Félix José Hernández.

Deja un comentario