Paris le 12 février 2017.

Walker Evans (1903-1975) est l’un des photographes américains les plus importants du 20e siècle. Le Centre Pompidou consacre à son œuvre la première grande rétrospective muséale organisée en France. Par son attention aux détails du quotidien et de la banalité urbaine, Walker Evans a largement contribué à définir la visibilité de la culture américaine du 20e siècle. Certaines de ses photographies en sont devenues les icônes. Ses photographies de l’Amérique en crise dans les années 1930, ses projets publiés dans le magazine Fortune dans les années 1940 et 1950 et sa définition du « style documentaire » ont influencé des générations de photographes et d’artistes.

Conçue comme une rétrospective de l’œuvre d’Evans dans toute sa complétude, l’exposition a pour ambition de mettre en évidence la fascination du photographe pour la culture vernaculaire. Aux États-Unis, le vernaculaire définit des formes d’expression populaires ou communes employées par des gens ordinaires à des fins utilitaires. C’est tout ce qui se créé en dehors de l’art et des circuits de production principaux et finit par former une culture spécifiquement américaine.

La première partie de l’exposition réunit les principaux sujets du vernaculaire qu’Evans n’a cessé de traquer : la typographie d’une enseigne, l’agencement d’un étalage, la devanture d’un petit commerce, etc. La seconde montre comment il a lui même adopté le mode opératoire ou les formes visuelles de la photographie vernaculaire en devenant occasionnellement, le temps d’un projet, photographe d’architecture, de cartes postales, ou portraitiste de rue. Et ceci tout en revendiquant explicitement une démarche d’artiste.

La rétrospective du Centre Pompidou retrace, des premières photographies de la fin des années 1920 jusqu’aux polaroids des années 1970, la totalité de la carrière de l’artiste à travers plus de 300 tirages vintages provenant des plus grandes collections internationales. à travers une centaine de documents et d’objets, elle accorde également une large place aux collections de cartes postales, de plaques émaillées, d’images découpées, et d’éphéméra graphiques réunis par Walker Evans tout au long de sa vie.

WALKER EVANS. Le Centre Pompidou. 26 AVRIL – 14 Août 2017 GALERIE 2, NIVEAU 6. Commissariat : Clément Chéroux, Conservateur en chef du département des photographies, San Francisco Museum of Modern Art ; Conservateur puis chef de service du Cabinet de la photographie, musée national d’art moderne de 2007 à 2016. Assisté de Julie Jones, attachée de conservation, Cabinet de la photographie, Musée national d’art moderne.

Publié par Félix José Hernández.

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