Winterhalter. Portraits de cour, entre faste et élégance

Franz Xaver Winterhalter, Alexandra, princesse de Galles, 1864, huile sur toile ; 162,6 x 114 cm, Sa Majesté la reine Elisabeth II, Royal Collection Trust/ © Her Majesty Queen Elizabeth II 2016

Paris le 16 août 2016.

Dernier grand peintre de cour que l’Europe ait connu, Franz Xaver Winterhalter eut un destin exceptionnel. Né en 1805 dans une humble famille d’un petit village de la Forêt noire, il fit ses études artistiques à Munich, puis fut nommé peintre de la cour de Bade. Après un voyage d’études en Italie, il vint s’installer à Paris en 1834 et bâtit sa réputation au Salon en exposant des toiles de genre. En 1837, le Décaméron rencontra un immense succès et fit de lui un peintre à la mode. Dès lors, les commandes se succédèrent sans relâche. À partir de 1838, le roi Louis-Philippe lui confia l’exécution d’une série de portraits de la famille d’Orléans. Ce fut sans doute par l’entremise de sa fille Louise, reine des Belges, que Winterhalter fut amené à exécuter le portrait de Léopold Ier de Belgique et à travailler pour la nièce de celui-ci, la reine Victoria. À son arrivée au pouvoir, Napoléon III fit également appel à lui. Winterhalter éclipsa rapidement ses rivaux et devint le portraitiste favori de l’impératrice Eugénie. Dans les années 1860, l’empereur François-Joseph d’Autriche et son épouse Élisabeth, la tsarine Maria Alexandrovna ou encore les Hohenzollern lui passèrent commande d’effigies fastueuses. Ainsi le peintre et critique Alfred Stevens pouvait-il écrire : « Sa spécialité est de peindre les reines et les princesses du monde entier ; on dirait qu’à toute tête auguste il faut la consécration du pinceau de Winterhalter. »

Bien que le portrait d’apparat fût un genre très codifié, Winterhalter sut varier et renouveler ses compositions, s’adaptant avec brio aux goûts de ses commanditaires. Son style brillant se caractérise par une grande liberté de touche, des effets de lumière raffinés et une certaine audace dans l’association des couleurs. Ses portraits reflètent l’image que les élites européennes souhaitaient donner d’elles-mêmes, à mi-chemin entre tradition et modernité, et mêlent des références à Van Dyck, avec l’expression des modes et de la sensibilité de son temps.

Organisée avec le musée des Augustins de Fribourg-en-Brisgau et avec le Museum of Fine Arts de Houston, cette exposition bénéficie de prêts importants, notamment des collections de Sa Majesté la reine Elisabeth II d’Angleterre et du musée national du château de Versailles. Elle retrace la carrière de Winterhalter, particulièrement ses envois au Salon et les commandes des deux maisons régnantes françaises. La visite se poursuit par un parcours dans les collections du musée du Second Empire jusqu’au portrait deL’Impératrice Eugénie entourée de ses dames d’honneur, monumental chef-d’œuvre de l’artiste. Un espace pédagogique permettra également aux petits et aux grands de se mettre en scène à la façon des modèles de Winterhalter.

Winterhalter. Portraits de cour, entre faste et élégance. 30 septembre 2016 – 15 janvier 2017.Directeur : Emmanuel Starcky, directeur des musées et domaine nationaux de Compiègne et Blérancourt. Commissaire : Laure Chabanne, conservateur du patrimoine, musées nationaux du palais de Compiègne. Scénographie : Maffre Architectural Workshop (MAW). Musées nationaux du palais de Compiègne, place du Général de Gaulle, 60200 Compiègne. Edition de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais, Paris 2016 : catalogue d’exposition, 240 pages, 146 illustrations, relié.

Cette exposition est organisée par les musées nationaux du palais de Compiègne et la Réunion des musées nationaux-Grand Palais, les Städtische Museen Freiburg, and The Museum of Fine Arts, Houston. Contacts presse : Réunion des musées nationaux – Grand Palais 254-256 rue de Bercy. 75 577 Paris cedex 12. Florence Le Moing et Pauline Volpe.

Publié par Félix José Hernández.